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Musique classique et opéra par Classissima

Georg Friedrich Haendel

lundi 16 janvier 2017


Classiquenews.com - Articles

14 janvier

MALTE : Festival baroque à La Valette, jusqu’au 28 janvier 2017

Classiquenews.com - Articles MALTE : Festival Baroque international de La Valette : 12-28 janvier 2017. VIDEO, reportage : Festival Baroque international de La Valette à Malte. Le BAROQUE a désormais son festival à Malte, dans la cité baroque de La Valette / Valletta : bientôt capitale européenne de la culture (en 2018), La Valette propose du 12 au 28 janvier 2017 prochain, un cycle de concerts événements comprenant dans plusieurs lieux emblématiques de l’architecture baroque maltaise, musique sacrée, opéras, récitals lyrique, musique de chambre… FESTIVAL événement. (VOIR notre Reportage vidéo exclusif à l’occasion du festival de janvier 2016 ). Le Baroque international et multiple s’invite à la Valette / Valletta 2017 Récital lyrique, musique de chambre, concerts symphoniques défricheurs, marionnettes parodiques, grands concerts sacrés dans la CoCathédrale Saint-Jean… MALTE, La Valette : Valletta International Baroque Festival : 12 – 28 janvier 2017. En janvier 2017 du 12 au 28, découvrez la ville de La Valette (Valletta) à Malte, joyau architectural dont l’unité baroque saisit immédiatement le visiteur. Le Festival baroque international s’y déploie chaque année les deux dernières semaines de janvier, avec une exceptionnelle cohérence. La diversité des programmes, la beauté des lieux investis (diverses églises et cathédrales, Teatru Manoel…) font l’attrait d’un festival parmi les plus convaincants des événements baroques en Europe. Cette année, la 5è édition, ensembles Français, récital de divas virtuoses, marionnettes parodiant l’opéra français du XVIIè (Atys de Lully), mais aussi concerts sacrés dont celui désormais mythique dans la CoCathédrale Saint-Jean qui conserve La Décollation de Saint-Jean du Caravage (sommet de la peinture baroque!), sans omettre la résurrection des compositeurs maltais baroques grâce au travail expérimental, explorateur du VIBE (Valletta International Baroque Ensemble, soit l’orchestre duFestival sur instruments anciens), … Entre musique et patrimoine, le festivalier vit une expérience inoubliable que classiquenews a testé, apprécié, distingué (VOIR notre reportage vidéo La Valette 2016, 4ème festival international de musique baroque ). Voici nos temps forts, cycles de concerts événements à organiser lors de 3 week end à Malte. LIRE aussi notre présentation du Festival 2016 LIRE notre présentation complète du Festival international de musique baroque de La Valette / Valletta à Malte : nos temps forts, comment organiser son séjour à Malte en janvier 2017 RAPPEL des 3 WEEK END BAROQUES à La Valette, Malte : ____________________ Week end 1 : du 13 au 17 janvier 2017 Vendredi 13 janvier 2017 Co Cathédrale Saint-Jean, 19h30 Te Deum de Charpentier Ensemble Correspondances Rien n’égale l’éblouissement d’un grand concert sacré sous la voûte du sanctuaire des Chevaliers de Saint-Jean, d’un luxe inouï (chapelles de sculptures dorées, fresques de Matia Pretti) Samedi 14 janvier 2017 ATYS en folie : parodie pour marionnettes et chanteurs d’après Lully Teatru Manoel à 16h30 Reprise Dimanche 15 janvier 2017 à 18h Production du cmbv, centre de musique baroque de Versailles Samedi 14 janvier 2017 Eglise Ta Giezu, 19h30 Cantates de JS BACH Ensemble Dunedin consort Dimanche 15 janvier 2017 Bibliothèque nationale à 12h30 Bach et l’esprit de la danse John Irving, clavecin Lundi 16 janvier 2017 Musée Archéologique, Salon, à 19h30 La viole souveraine Ensemble Hathor consort Mardi 17 janvier 2017 Opera buffa : La Serva Padrona Association musicale G Carissimi Teatru Manoel, 19h30 ____________________ Week end 2 : du 18 au 22 janvier 2017 Mercredi 18 janvier 2017 Teatru Manoel, 19h30 Reines et divas rivales Vivica Genaux / Simone Kermes Deux divas baroques époustouflantes rivalisent de vocalises et de performances dramatiques hallucinantes… Programme spectaculaire, objet d’un cd paru en 2015 chez Sony classical Jeudi 19 janvier 2017 Eglise Saint-Nicolas, 19h30 De Stradivarius à Bach Nicolas Dautricourt, violon Vendredi 20 janvier 2017 Cathedral anglicane Saint-Paul, 19h30 Un Age d’Or : Lotti, Melgas, D. Scarlatti, Rebelo, Caldara The Sixteen Samedi 21 janvier 2017 Eglise St-Augustine, 12h30 VIBE : Valletta international Baroque Ensemble Oeuvres du compositeur baroque maltais Euchar Gravina, d’après le poète maltais Citta Vittoriosa (16è) ; Telemann, Charpentier, manuscrits des archives de la Cathedrale de Mdina (Malte) Samedi 21 janvier 2017 Eglise Ta Giesu, 19h30 Zelenka : Lamentations et Répons, Tenebrae Ensemble Le Banquet Céleste Dimanche 22 janvier 2017 Bach et les Russes Teatru Manoel, 12h30 JS Bach, Schnittke, Stravinsky… Lucia Micallef, piano / Nicolas Dautricourt, violon Dimanche 22 janvier 2017 Chasse au trésor au Teatru Manoel (pour les familles) Teatru Manoel, 15h ____________________ Week end 3 : du 26 au 28 janvier 2017 Jeudi 26 janvier 2017 Teatru Manoel, 19h30 Inspiré par le Baroque Pärt, Respighi, Pace, Piazzolla Orchestre Philharmonique de Malte Michelle Castelletti Vendredi 27 janvier 2017 Bibliothèque nationale, 12h30 Suite pour luth de JS Bach Johanna Beisteiner, guitare baroque Vendredi 27 janvier 2017 Musée Archéologique, Salon, 19h30 A Piacere. Sances, Hume, Marais, Rameau Ensemble Accademia del Piacere Samedi 28 janvier 2017 Cathedrale anglicane Saint-Paul, 12h30 Airs d’opéras de Purcell Claire Debono, soprano. Les Ambassadeurs Samedi 28 janvier 2017 Teatru Manoel, 19h30 Concerts royaux : Water music, Royal Fireworks de Haendel VIBE, Valletta international Baroque Ensemble ____________________ Booking / Réservations : ONLINE: www.vallettabaroquefestival.com.mt www.teatrumanoel.com.mt Email: bookings@teatrumanoel.com.mt T: +356 2124 6389 IN PERSON / guichets, billetterie : Teatru Manoel / Booking Office, Old Theatre Street, Valletta VIDEO : notre reportage vidéo (Festival 2016) : ___________ REUSSIR VOTRE SEJOUR, informations pratiques. Si les français ont laissé de très nombreux souvenirs de leur séjour sur l’île, l’anglais est la 2è langue officielle de Malte. Un atout pour se faire comprendre partout, y compris hors des villes plus touristiques. Organisez votre séjour grâce au site dédié : www.visitmalta.com/fr CLASSIQUENEWS recommande …. Pendant notre séjour à La Vallette, nous avons particulièrement apprécié pour l’hébergement (situé dans le cœur du quartier historique), le Boutique hôtel, Palazzo Saw Paul, situé à quelques minutes à pieds de tous les lieux du festival – Location d’appartements – site : www.livinginvalletta.com Chaque été, Malte met à l’honneur son plus célèbre chanteur lyrique, ambassadeur de Malte dans le monde, Joseph Calleja né à Malte, à l’occasion d’un concert en plein air (juillet : “Joseph Calleja live in Concert”), en général sur l’île de Gozo…

Carnets sur sol

7 janvier

Opéra de Paris 2018 : les dates et distributions complètes

En complément de la fuite précédente , un aimable lecteur (M. Marcel Québire ) a livré, il y a déjà quelques semaines, les distributions complètes de la saison à venir sous la notule correspondante. Pour ceux qui auraient manqué le commentaire, je le recopie avec quelques ajouts ou précisions (et quelques diacritiques…). Entre parenthèses figure le nombre de représentations prévues. Je précise que, contrairement à la fois précédente où, recueillant une astuce de gens bien informés et allant moi-même récupérer chez l'Opéra de Paris les titres (a priori une source très fiable, à un mois de l'annonce de la programmation !), je n'ai aucune notion de la source cette fois, ni de la fiabilité des données. Néanmoins, comme à la lecture les distributions paraissent très crédibles (ce n'est pas une collection de célébrités ou de gens qui ne viennent pas à Paris d'ordinaire, on y trouve beaucoup d'interprètes valeureux mais pas assez célèbres pour qu'un fan les mette dans un petit rôle de telle œuvre, les « rangs » respectifs des différents chanteurs sont cohérents, etc.), je la laisse pour votre information – et, dans le pire des cas, pour accompagner votre rêverie. Ils figurent, contrairement à la fois dernière, par ordre de représentation. Lehár – La Veuve joyeuse (15) ► Bastille du 9/09 au 21/10 ► Jorge Lavelli – Jakub Hrusa (Hrůša) / Marius Stieghorst ► Véronique Gens / Thomas Hampson / José van Dam → Malgré le titre, probablement en allemand comme les autres années ? Mozart – Così fan tutte (14) ►Garnier du 12/09 au 21/10 ► A-T de Keersmaeker – Philippe Jordan / Marius Stieghorst ► Jacquelyn Wagner / Ida Falk Winland – Michèle Losier / Stéphanie Lauricella – Philippe Sly / Edwin Crossley-Mercer – Frédéric Antoun / Cyrille Dubois – Ginger Costa-Jackson / Maria Celeng – Paulo Szot / Simone Del Savio → Il s'agit de l'exacte double distribution jouée en ce moment (janvier-février 2017), donc pour une reprise au mois de septembre, on peut être assez certain que la distribution ne sera pas celle-là ! (Ce qui repose la question de la source et de l'exactitude.) Debussy – Pelléas et Mélisande (5) ► Bastille du 19/09 au 6/10 ► Robert Wilson – Philippe Jordan ► Etienne Dupuis - Elena Tsallagova - Luca Pisaroni - Franz-Josef Selig Verdi – Don Carlos (11) ► Bastille du 10/10 au 11/11 ► Krzysztof Warlikowski – Philippe Jordan ► Jonas Kaufmann - Ludovic Tézier - Elina Garanca (Elīna Garanča) - Sonya Yoncheva - Ildar Abdrazakov → Les bruits de couloir parlent d'une alternance entre la version française et la version italienne (avec prise de rôle éventuelle de Jonas Kaufmann dans la version française, mais il y a manifestement débat). J'avais lu que Brian Hymel devait chanter en alternance – une double distribution paraît en effet assez logique. Je n'ai pas d'informations en revanche sur les éditions (voir ici celles qui existent de 1867 après coupures (comme chez Pappano) utilisées : version française, version française archi-intégrale avec tout ce qui a été écrit en 1866-7 (comme Matheson, ou Abbado-DGG avec annexes), version italienne en quatre actes (Milan) comme jusqu'ici à Paris, en cinq actes (Modène), en cinq actes avec ajouts de la version française (Londres +) ? Verdi – Falstaff (7) ► Bastille du 26/10 au 16/11 ► Dominique Pitoiset – Fabio Luisi ► Bryn Terfel - Franco Vassalo - Francesco Demuro - Aleksandra Kurzak - Varduhi Abrahamyan Mozart – La Clemenza di Tito (15) ► Garnier du 15/11 au 25/12 ► Willy Decker – Dan Ettinger ► Ramon Vargas (Ramón) / Michael Spyres – Amanda Majeski / Aleksandra Kurzak – Stéphanie d’Oustrac / Marianne Crebassa Janáček – De la Maison des morts (6) ► Bastille du 18/11 au 2/12 ► Patrice Chéreau – Esa-Pekka Salonen ► Andreas Conrad – Peter Mattei – Stefan Margita - Willard White → Le plus sinistre des Janáček, mais servi par de très grands interprètes, d'ailleurs plutôt des voix lumineuses (alors que l'esthétique majoritaire de Bastille, volume oblige, sont plus souvent épaisses, saturées, rauques ou grumeleuses)… Puccini – La Bohème (12) ► Bastille du 1/12 au 31/12 ► Claus Guth – Gustavo Dudamel / Manuel Lopez- Gomez ► Sonya Yontcheva / Nicole Car – Atalla Ayan / Benjamin Bernheim – Artur Rucinski (Ruciński) – Arturo Tagliavini – Aida Garifullina → Garifullina a certes déjà chanté Musetta, mais je me serais figuré que considérant sa notoriété et les rôles pas tous légers qu'elle aborde désormais, elle serait distribuée en Mimí. À voir. Haendel – Jephtha (8) ► Garnier du 13/01 au 30/01 ► Claus Guth – William Christie (Les Arts Florissants) ► Ian Bostridge – Marie-Nicole Lemieux – Philippe Sly – Katherine Watson – Tim Mead → Manifestement le même principe que pour Eliogabalo de spécialistes pas trop spécialistes ; cette fois néanmoins, les chanteurs, célèbres pour autre chose, sont réellement familiers de ce répertoire, et performants. (En revanche, Christie en Haendel, ça fait certes remplir, sans être forcément le meilleur service à lui rendre.) Verdi – Un Ballo in maschera (9) ► Bastille du 16/01 au 10/02 ► Gilbert Deflo – Bertrand de Billy ► Anja Harteros / Sondra Radvanovsky – Marcello Alvarez (Álvarez) / Piero Pretti – Luciana D’Intino – Simone Piazzola – Nina Minasyan Saariaho – Only the sound remains (6) ► Garnier du 23/01 au 07/02 ► Peter Sellars- Ernest Martinez-Izquierdo ► Philippe Jaroussky – Davone Tines (Davóne Tines ) Rossini – Il Barbiere di Siviglia (9) ► Bastille du 24/01 au 16/02 ► Damiano Michieletto – Riccardo Frizza ► René Barbera / Levy Sekgapane – Olga Kulchynska – Massimo Cavalletti / Florian Sempey – Simone Del Savio – Nicolas Testé Verdi – La Traviata (8) ► Bastille du 02/02 au 28/02 ► Benoît Jacquot – Dan Ettinger ► Anna Netrebko / Marina Rebeka – Rame Lahaj (Ramë Lahaj) / Charles Castronovo – Vitaly Bilyy / Placido Domingo (Plácido Domingo) – Virginie Verrez Bartók – Le Château de Barbe-Bleue / Poulenc – La Voix humaine (7) ► Garnier du 17/03 au 11/04 ► Krzysztof Warlikowski – Ingo Metzmacher ► John Relyea – Ekaterina Gubanova – Barbara Hannigan Berlioz – Benvenuto Cellini (9) ► Bastille du 20/03 au 14/04 ► Terry Gilliam – Philippe Jordan ► John Osborn – Pretty Yende – Maurizio Muraro – Audun Iversen – Marco Spotti Wagner – Parsifal (8) ► Bastille du 27/04 au 23/05 ► Richard Jones – Philippe Jordan ► Andreas Schager – Peter Mattei – Anja Kampe – Evgeny Nikitin – Günther Groissböck – Jan-Hendrik Rootering → Je doute qu'on puisse trouver mieux actuellement pour programmer un Parsifal. Ravel – L’Heure espagnole / Puccini – Gianni Schicchi (10) ► Bastille du 17/05 au 17/06 ► Laurent Pelly – Maxime Pascal ► Clémentine Margaine / Michèle Losier – Stanislas de Barbeyrac – Philippe Talbot – Alessio Arduini / Thomas Dolié – Nicolas Courjal / Nicola Alaimo – Vittorio Grigolo – Elsa Dreisig – Rebecca de Pont Davies – Philippe Talbot – Emmanuelle de Negri Moussorgski – Boris Godounov (12) ► Bastille du 07/06 au 12/07 ► Ivo Van Hove – Vladimir Jurowski / Damian Iorio ► Ildar Abdrazakov – Ain Anger – Evgeny Nikitin Donizetti – Don Pasquale (12) ► Garnier du 09/06 au 12/07 ► Damiano Michieletto – Evelino Pido (Pidò) ► Lawrence Brownlee – Nadine Sierra – Michele Pertusi – Florian Sempey Verdi – Il Trovatore (14) ► Bastille du 20/06 au 14/07 ► Alex Ollé – Maurizio Benini ► Sondra Radvanovsky / Elena Stikhina – Marcelo Alvarez (Álvarez) / Robert Alagna / Yusif Eyvazov – Zelko Lucic (Željko Lučić) / Gabriele Viviani – Anita Rachvelishvili / Ekaterina Semenchuk J'ai maugréé la dernière fois contre le peu d'ambition d'une programmation qui ne fait que reprendre les scies du répertoire, exactement ce qui fait dire que l'opéra est un genre mort – quasiment rien de récent, et rien en redécouverte patrimoniale (de France ou d'ailleurs, je ne fais pas le difficile). Considérant que, dans le milieu de la musique classique, on considère comme impossible de modifier la partition… alors effectivement, rien ne change, on ne joue que la même centaine d'œuvres, sans aucune surprise, et il ne reste plus qu'à se repaître de sa propre mauvaise humeur en écoutant de meilleurs chanteurs du passé et en pleurant sur l'Âge d'or à jamais révolu. Je le respecte complètement dans les théâtres qui sont surtout une fenêtre dépaysante : dans les pays, même proches, qui n'ont pas de tradition lyrique propre, comme le Maroc ou la Turquie, en effet on ne joue que La Traviata et la Flûte Enchantée… et c'est légitime, il s'agit d'entr'apercevoir ce qu'est l'essence d'un genre exotique. En revanche, dans une des maisons spécialistes les plus subventionnées au monde, je trouve peu stimulant de ne pas oser, même à la marge, quelques chemins de traverse, qu'on peut amplement se permettre avec son matelas financier. Cette audace, ce sont d'autres maisons plus petites, et pas qu'à Paris (Toulouse, Marseille, Tours, Strasbourg, Metz…) qui la manifestent… et sans être conduites à la ruine, manifestement. En revanche, il faut bien admettre que pour cette saison, les distributions sont somptueuses : ♣ les titulaires internationaux les plus prestigieux de ces rôles – Harteros, Radvanovsky, Netrebko, Rebeka, Kampe, d'Oustrac, Garanča, D'Intino, Semenchuk, Brownlee, Bostridge, Osborn, Álvarez, Castronovo, Kaufmann, Schager, Mattei, Tézier, Lučić, Nikitin, Terfel, Abdrazakov, Courjal, Groissböck, Anger… ♣ des essais très attendus – Yoncheva en Élisabeth, Gens en Glawari, Dupuis en Pelléas & Pisaroni en Golaud… ♣ ou des gens qui ne sont pas starisés mais qui font une grande carrière très méritée – Minasyan, Kulchynska, Car, Stikhina, Crebassa, Barbera, Talbot, Spyres, Conrad, Barbeyrac, Bernheim, Margita, Lahaj, Del Savio, Sly, Piazzola, Ruciński, Vassalo, Tines, Spotti… Et le choix des metteurs en scène est assez adroit : des gens qui vont dans le sens du renouvellement scénique, sans être trop radicaux ou eurotrashisants. L'Opéra de Paris devient l'Opéra de Vienne, en somme : du répertoire pour touristes ou public ronronnant, mais toujours parfaitement chanté. On s'en consolera d'autant mieux, lorsqu'on y mettra les pieds, qu'il y aura mille autre choses à voir simultanément à quelques centaines de mètres à peine. Ce n'est pas pour rien que Dieu a créé l'agenda de Carnets sur sol.




Carnets sur sol

4 janvier

Les épris de janvier

Après un décembre de folie, temps du bilan et du prochain planning. (Celui pour le mois en cours figure ici .) 1. Bilan de décembre 17 concerts en trois semaines (du 1er au 22), et 11 concerts en dix jours du 8 au 17. Sans être près du tout d'épuiser l'offre, mais décembre était richement doté cette année. J'avais arrêté le dernier bilan, lors de la précédente notule d'annonce, au 20 octobre. Encore une fois, je pourrais lister tout ce à quoi j'ai renoncé (Charpentier par Kožená, Histoire du lied par la Compagnie de L'Oiseleur, Čiurlionis & Naujalis aux Invalides, et quelques concerts de chouchous, Beethoven 15 par le Quatuor Arod , Mendelssohn 1 par le Trio Zadig …), mais la récolte fut plutôt bonne néanmoins. ♥ Des inédits absolus, ou peu s'en faut : ♥♥ Un oratorio d'Antonio Bertali (La Strage degl'Innocenti) dans l'esthétique intermédiaire entre Monteverdi et le seria, sans doute une première française ; et deux motets de Jakob Froberger, d'une italianité un peu raidement germanisante, mais qui documente un pan de son œuvre que je n'avais jamais pu dégoter au disque ! Par les étudiants du CNSM, Cécile Madelin et Paul-Antoine Benos (qui éblouit encore une fois par sa gloire sonore et sa diction, un falsettiste pourtant !) en tête. Il reste pour beaucoup des jeunes chanteurs (sauf Pablo García !) encore un gros travail de déclamation italienne à faire pour soutenir des œuvres aussi nues, qui réclament une intervention rhétorique majeure de l'interprète. ♥♥ L'Île du Rêve, premier opéra de Reynaldo Hahn, certes pas son meilleur, mais regorgeant de grâces, évoquées dans une notule à part avec extraits sonores (distribution entièrement francophone et rompue à l'art de la belle diction !). ♥♥ Programme de mélodies évoquant l'Orient de l'infatigable Compagnie de L'Oiseleur… énormément de découvertes ; les plus belles propositions sont celles, sans réelle surprise, de Louis Aubert (le cycle complet existe chez Maguelone) et Roland-Manuel (qui vit une année faste !). ♥♥ Cantate du Prix de Rome Antigone et opéra Brocéliande d'André Bloch (pas Ernest) par la Compagnie de L'Oiseleur. Un grand choc ! Antigone est une excellente cantate pour le Prix, et Brocéliande est un petit bijou, quelque part entre Cendrillon de Massenet mais aussi Duparc, Pelléas… Et tout cela servi par Mary Olivon (dans le rôle de l'orchestre) à son sommet, et deux découvertes vocales majeures, Marion Gomar et Georges Wanis, deux formats dramatiques aguerris que les grandes scènes ne devraient pas tarder à s'arracher. ♣ D'autres œuvres peu fréquentes : ♣♣ Iphigénie en Tauride de Goethe. La pièce est un décalque d'Euripide, qui met néanmoins l'accent sur des thématiques propres aux Lumières, telle l'émancipation (y compris de la femme). C'est un peu long sur scène, mais fonctionne bien, malgré la mise en scène assez vide de Jean-Pierre Vincent (et la diction de Cécile Garcia Fogel, caricature de l'artificialité théâtrale, sans que je puisse déterminer ce qui est délibéré et ce qui est faussé), sans jamais accepter totalement le décalage comique non plus. Faire dire placement ce qui devrait être intense, pourquoi pas, mais à un moment, il faut l'accepter comme principe ; au contraire, j'ai l'impression que les artistes espèrent malgré tout nous saisir par l'intensité du texte. C'est surtout le décor de Jean-Paul Chambas qui remplit bien son office… Heureusement que la pièce était de qualité décente. (Je ne m'explique pas comment on peut présenter quelque chose d'aussi peu abouti sur une scène subventionnée prestigieuse, qui pourrait sélectionner n'importe qui parmi les meilleurs.) ♣♣ Elias de Mendelssohn par l'Ensemble Pygmalion. Fréquent en Allemagne, très rare en France, peut-être le sommet de l'oratorio romantique, malgré toutes ses références à Bach et Haendel. Très belle inteprétation sur instruments anciens, où se distinguaient en outre deux solistes formidables : Anaïk Morel (quelle autorité pleine de simplicité !) et Robin Tritschler (clair mais très projeté). Une notule a été consacrée à l'œuvre, à ses sources bibliques composites, à sa discographie . ♣♣ Le Paradis et la Péri de Schumann a souffert auprès du public de la comparaison avec les Scènes de Faust et Élie, donnés dans le même trimestre, mais j'étais content de l'entendre en vrai, remarquablement servi de surcroît (Christianne Karg, Kate Royal, Andrew Staples, Matthias Goerne, et le Chœur de l'Orchestre de Paris par-dessus tout). Repéré quelques détails touchants (l'attente syncopée aux cordes de la bien-aimée qui redescend dans la vallée empestée, alors que son fiancé la croit en sécurité, et que le texte ne nous l'a pas encore révélé !), et d'une manière générale une bien belle œuvre, malgré son livret sans intérêt et son orchestration très terne. ♣♣ Sancta Susanna de Hindemith. La partition est un bijou de thèmes récurrents triturés, sans cesse mutants, d'essais de couleurs harmoniques successives. Dramatiquement, en revanche, c'est un peu court (surtout après une Cavalleria rusticana qui n'a rien à voir psychologiquement et musicalement) pour pouvoir s'immerger dans le langage et l'esprit, surtout avec ce livret très abrupt et fort peu explicite (ou alors, pas dans ce sens-là !). Je suis resté à la porte, alors que j'étais familier du livret et que j'adore me jouer la partition au piano, voire improviser à ma guise sur la matière. Le public semblait très content – il faut dire que glottologiquement parlant, Anna-Caterina Antonacci n'a jamais aussi bien chanté, avec des aigus qu'on ne lui avait jamais connus ! ♣♣ El Niño, un des tout meilleurs Adams, jamais rejoué en France depuis sa création en 2000 au Châtelet. Autour de textes inspirés par la Nativité (essentiellement des textes canoniques, plus des poèmes de langue espagnole), une suite de tableaux sonores assez prégnants et spectaculaires. J'aime beaucoup le dispositif de la basse qui relaie la colère et le doute, ou la relecture très poétique du Magnificat. Au disque, on peut trouver les sonorités artificielles, certaines sections un peu bavardes. En salle, rien, c'est formidable de bout en bout. J'aimerais d'autant plus entendre Doctor Atomic (qui devrait en plus bien remplir…) à l'Opéra… Amsterdam et Strasbourg l'ont donné, une petite coproduction me ferait plaisir, merci. (Veuillez noter, estimés programmateurs, si vous me donnez en échange Satyagraha ou même Nixon, ma malédiction pèsera longuement sur vous et vos infâmes rejetons.) ♪ Quelques-uns de mes interprètes chouchous : ♫ Quatuor n°7 de Beethoven par le Quatuor Hanson. Une pureté d'exécution très intéressante, qui laisse l'œuvre respirer à nu. Pas de gros son ici ! [notule de présentation] ♫ Kindertotenlieder de Mahler au CNSM, avec la voix incroyablement physique du baryton-basse Edwin Fardini . L'aspect pédagogique de la présentation était, comme d'habitude, moins réussi – l'étudiante n'a pas eu autant de pratique qu'en instrument, tout simplement. Rien d'indigne non plus, très court et assez intéressant ; il manquait surtout le sentiment d'un but (et c'était aussi assez peu accessible sans être déjà bien familier des pièces). Considérant qu'il s'agit d'entraînements dans le cadre intimiste du Salon Vinteuil, c'était très bien. [deux notules sur le cycle : présentation générale et style ] ♫ Le Trio de Chausson (ou du moins son premier mouvement) par le Trio Sōra, d'une intensité exceptionnelle, qui ne se relâche jamais… Je ne suis pas un inconditionnel de l'œuvre (belle mais répétitive, et d'un lyrisme jamais lumineux), pourtant ici, j'ai cru voir la lumière – à la réécoute des meilleurs disques, non, c'était juste ce que nous appellerons désormais l'effet Sōra. J'ai de l'admiration pour Gabriel Le Magadure (second violon du Quatuor Ébène, réparti pour donner des masterclasses) qui a trouvé des remarques intéressantes à faire – en débusquant tout ce qui n'avait pas été interrogé. (Même si, à mon avis, la première proposition était plus intéressante que le surinvestissement d'effets dans une musique déjà chargée, il est très utile d'ouvrir ce type de possibilité pour un jeune ensemble qui n'a pas encore éclusé le répertoire courant – à supposer qu'on puisse qualifier ainsi le Trio de Chausson !) L'intimité était aussi un plaisir : nous n'étions que deux, côte à côte dans la salle Dukas, à nous ébahir, partition de main, de la beauté fulgurante de cette séance de travail. Le CNSM est aussi l'eldorado du mélomane. ♠ Et, parce que la chair est faible, quelques quasi-scies orchestrales et autres célébrations de la Glotte triomphante : ♠♠ Symphonie n°5 de Sibelius par l'ONF et Slobodeniuk. Après un (premier) concerto de Brahms complètement étouffé, une belle Cinquième, très russe (les pizz assez legato du mouvement lent évoquent assez Tchaïkovski) – tout juste un petit manque d'exaltation dans le final à mon gré. ♠♠ Symphonie n°4 de Nielsen par le Philharmonique de Radio-France et Osmo Vänskä. Je projetais (et ferai peut-être) une notule dessus, avec extraits sonores. Car Vänskä, comme dans son intégrale discographique avec le BBCSO, peut-être la meilleure de toutes celles parues, d'un équilibre et d'une poésie admirables, évite tous les écueils de l'écriture orchestrale de Nielsen (en plus de produire quelque chose de beau). En particulier les contrebasses très thématiques, qui peuvent donner l'impression d'un manque d'assise rythmique sur les temps forts (occupées à phraser des mélodies plutôt qu'à jouer avec la pulsation) ; ici, Vänskä laisse toujours très sensible la trame rythmique et l'élan d'ensemble. Une magnifique Quatrième, du niveau des meilleures (dont la sienne) au disque. [Vraiment supérieur à ses Sibelius, bons mais pas ultimes comme ses Nielsen.] En ouverture de programme, la Suite des Comédiens de Kabalevksi, très plaisante, mais assez au delà de la simple suite néo-classique vaguement grinçante qu'on aurait pu attendre. ♠♠ Musique de chambre de Schumann (Märchenerzählungen, Quatuor n°3) et Kurtág (Trio d'hommage à R. Sch. et Microludes pour quatuor) par des musiciens de l'Ensemble Intercontemporain et de l'Orchestre de Paris. Programme jubilatoire, mais un brin déçu par l'exécution, pour des raisons que j'aimerais détailler à l'occasion (voir la notule correspondante ) : je ne suis pas persuadé qu'il soit raisonnable d'aller voir des quatuors d'orchestre, même lorsqu'ils jouent des œuvres rares. À chaque fois (Opéra de Paris dans Magnard, National de France dans Saint-Saëns, Orchestre de Paris dans Schumann et Kurtág), l'impression d'un manque de cohésion, voire d'implication. On le perçoit très bien dans la comparaison entre le violon solo de l'Intercontemporain, d'une netteté incroyable (premier violon dans les Microludes, second dans le Schumann où on ne l'a jamais aussi bien entendu !), tandis que les musiciens de l'Orchestre de Paris étaient (et c'est logique, vu leur pratique d'orchestre), beaucoup moins dans l'exactitude de l'attaque, plus dans une sorte de flux général… Ils ont eu peu de répétitions, et en tout cas rien de comparable avec un ensemble constitué qui répète tous les jours la demi-douzaine de mêmes œuvres pendant un trimestre ! (Quant au niveau requis pour intégrer l'Interco, c'est tout de bon un autre monde.) Bien que je les croie parfaitement de bonne volonté (je doute qu'on fasse ces concerts supplémentaires par obligation), il n'y a pas vraiment d'intérêt à écouter des quatuors par des ensembles éphémères, dès lors qu'on a le choix de l'offre – et les Microludes comme le Troisième de Schumann sont programmés assez fréquemment. ♠♠ The Messiah de Haendel par le Concert Spirituel. Toujours une délectation intense d'entendre ce bijou. S'il y a bien une œuvre vocale qui justifie sans difficulté son omniprésence… En plus, le livret syncrétique y est très réussi. Pas forcément convaincu par les partis pris de Niquet : tempo assez homogène comme toujours, mais pas mal d'effets discutables pour se différencier. Pourquoi faire le mordant He Trusted in God (le chœur des moqueries de la foule « que son Dieu le délivre ! ») et le triomphal Hallelujah complètement susurrés ? Faire différent, soit, mais cela va tellement à rebours du texte et même de la musique (le contrepoint râpeux du premier, les trompettes et l'harmonie simple du second)… Par ailleurs, alors qu'il contient quantité de mes chouchous (Agathe Boudet bien sûr, Édwige Parat, Jean-Christophe Lanièce , Igor Bouin …), je trouve le chœur un brin terne, pas particulièrement baroque, ni anglais, ni français. Peut-être lié à l'impermanence des participations (et au grand nombre), mais d'autres parviennent bien mieux à typer des formations vocales très éphémères. À part Sandrine Piau dont l'anglais était assez éprouvant (et la voix très opaque, sans doute faute d'habitude), très beau plateau, où j'ai beaucoup aimé la tendance à sous-chanter sur des voix voluptueuses, chez Anthea Pichanik et Robert Gleadow : mettre ainsi en valeur le texte lorsqu'on a tant d'atouts purement vocaux à faire valoir, quel plaisir ! ♠♠ Iphigénie en Tauride, de loin le meilleur opéra de Gluck (ce n'est pas comme s'il y en avait beaucoup de réellement bons), dans la mise en scène (réaménagée) de Krzysztof Warlikowski. Je la voyais pour la première fois, et outre son absence de réel rapport avec l'intrigue, j'ai surtout été frappé par un vilain paradoxe dans la gestion de l'espace, rapportée aux déclarations du metteur en scène. Musicalement, plateau superbe et (outre Stanislas de Barbeyrac, glorieux) différent de ce qui était attendu : Véronique Gens, désormais habituée du répertoire XIXe où elle ne connaît pas d'égale, était plus vaporeuse que d'ordinaire (splendide néanmoins, mais la diction pas du tout ciselée comme à l'ordinaire) ; Étienne Dupuis, dont la voix paraît sombre et un brin tassée en retransmission, et se révélant au contraire en salle claire, libre et sonore ! En revanche, que l'Opéra de Paris ne puisse pas recruter un Scythe (deux phrases à dire) capable d'articuler un vague français et de chanter en rythme dans un timbre pas trop désagréable paraît à peine concevable – et cela repose la question des critères de l'Atelier Lyrique, notamment. Sans être du tout au même degré, Thomas Johannes Mayer était une fausse bonne idée : il n'a pas dû auditionner, et lui qui est audible dans Wagner à Bastille, le voilà, en (mauvais) français, tout corseté de partout… la voix surdimensionnée et le grand diseur constituaient un bon point de départ, qu'il aurait été avisé de vérifier. Contrairement à la création de la production, où les Musiciens du Louvre officiaient, l'Orchestre de l'Opéra était cette fois dans la fosse, avec Bertrand de Billy qui joue souvent (et assez bien, d'ailleurs) cette œuvre dans les plus vénérables maisons. Mais le manque d'habitude ainsi que d'investissement, sans être du tout infâme, finit dans une certaine mollesse – l'acte I fonctionne bien, mais dans l'acte II plus contemplatif, l'entrain semble avoir définitivement déserté les rangs. ♠♠ Don Giovanni au Théâtre des Champs-Élysées. Pas prévu initialement, et seulement tenté pour entendre Jean-Sébastien Bou et voir la mise en scène de Braunschweig autrement qu'en retransmission. Et grande mandale : Don Giovanni n'est pas Don Giovanni pour rien ! Comme tout y est fin, sophistiqué, juste, très au delà de tous les opéras du temps (à quelques exceptions près dont j'ai souvent parlé, comme les Salieri et Vranický d'avant-garde). Et l'entendre, le nez dans la fosse musicologiquement informée du Cercle de l'Harmonie, avec la finesse de la direction d'acteurs de Braunschweig – tout le contraire des metteurs en scène à concept et dispositif, rien de visible quasiment, tout est dans la façon de faire mouvoir les acteurs, réplique après réplique… un grand choc. En outre, Bou, Boulianne et Gleadow (dont la voix a une remarquable présence en vrai) sont d'admirables acteurs. Assez sensible notamment à l'épisode où l'imposture de Leporello est consommée avec Elvira, qui crée ou éclaire le malaise sous-jacent des scènes suivantes. Et par-dessus tout, l'ivresse communicative de cette musique ; même les airs décoratifs secondaires (comme ceux de Zerline ou Ottavio) sont joués avec une conviction qui les rend passionnants. L'impression de venir à l'Opéra pour la première fois, à regarder les instruments avec des yeux ébaubis. Missions accomplies, donc : un décembre de jouissances… et la preuve ultime de la clairvoyance de mes conseils. Tenez-le vous pour dit, voici les suivants qui arrivent ! En avant pour de nouvelles aventures ! Atelier marseillais d'après Jean MATHIAS. (Musée du Louvre.) 2. Un janvier sobre Malgré un emploi du temps assez libre en début de mois, difficile de trouver (en dehors du théâtre et des expositions qui débordent en permanence) beaucoup de concerts un peu originaux en cette période. Voici tout de même les quelques perles que j'ai relevé pour mon usage personnel. ► Œuvres rares, programmes originaux → airs de cour, lieder ■ Airs de cour et pièces de Strozzi, Byrd, Hume, Purcell… (Révillion, le 18 à 12h30). Gratuit. ■ Airs de cour de Le Camus et ceux célèbres de Lambert et Charpentier ; pièces pour clavecin de d'Anglebert et (Louis) Couperin. Léa Desandre (du Jardin des Voix) et Violaine Cochard, à l'Hôtel de Soubise, le dimanche 8 à 12h30. Gratuit. ■ Airs de cour et musiques de Caccini, Strozzi, Carissimi Humphrey, Lambert, Purcell au 38 Riv'. 15€. ■ Mélodies de Guy Sacre (avec Billy Eidi, grand spécialiste du piano français du premier XXe siècle, qui en a publié il y a peu un second volume chez Timpani). Un compositeur vivant qui écrit dans le goût du Groupe des Six, avec sa couleur propre, vraiment à découvrir. Et c'est gratuit, au CRR rue de Madrid (le 14 à 16h30). ■ Programme transversal de Georg Nigl comme chaque année à la Cité de la Musique : de Monteverdi à Xenakis, avec du pianoforte, du théorbe… Le 28 à 20h30. ► Œuvres rares, programmes originaux → opéra et théâtre musical ■ Recréation de Chimène ou le Cid de Sacchini. Les Nouveaux Caractères en avaient donné des extraits, et j'en avais même tracé les points communs avec Don Giovanni dans une notule déjà ancienne. À Saint-Quentin les 13 et 14, et plus tard à Massy et Herblay, par le jeune Concert de la Loge Olympique . ■ Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas par l'insatiable Compagnie de L'Oiseleur. Pas le plus grand Thomas, mais un bel opéra comique encore un peu belcantiste et tourné vers Auber, et qui parle en réalité de Shakespeare et d'Élisabeth Ière (Temple du Luxembourg, le 18). Au chapeau. ■ Hänsel und Gretel de Humperdinck au Conservatoire Régional de Boulogne-Billancourt (le 7 à 17h), dans une transcription pour neuf cuivres, percussions et récitant. Ce doivent essentiellement être des extraits, et il n'y a pas de chanteurs, ce devrait être très amusant (prévu pour le jeune public, conseillé de réserver). 10€ l'entrée, je crois. ► Œuvres rares, programmes originaux → musique pour grands ensembles (orchestraux et choraux) ■ Pièces pour violon et orchestre d'Ysaÿe, Hersant (et manifestement un arrangement d'une mélodie de Fauré) au CRR de Paris. Gratuit. Ça ne me paraît pas très tentant (et le niveau n'est pas forcément professionnel), mais c'est assurément rare ! ■ La Musique pour cordes et cuivres de Hindemith, couplée avec la Cinquième Symphonie de chambre de Milhaud, par Éric van Lauwe et ses musiciens (le 7 à 20h30, Sainte-Croix-des-Arméniens). Gratuit ou au chapeau. ■ Programme pour chœur très varié au CRR de Paris : Mendelssohn, Ravel, Lutosławski, Kabalevski, Rutter, Aboulker, Kocsár… ■ Chœurs d'Alfvén, Tormis, Sandström, Rautavaara, Sallinen et Salonen par le Chœur de Radio-France le 22 à 16h. ► Œuvres rares, programmes originaux → musique de chambre et solos ■ La Symphonie n°3 de Beethoven (premier mouvement) dans la transcription pour quatuor avec piano de son contemporain Ferdinand Ries. Couplé avec le Troisième Quatuor avec piano de Brahms, par les musiciens de l'OCP (salle Cortot, le 21 à 15h). 15€. ■ Mendelssohn, le rare (et remarquable) Sextuor avec piano et contrebasse. Coeytaux & membres de l'ONF Le 28 à 16h, 18€. ■ Trios de Chaminade, Bonis et Debussy au musée Henner (le 12 à 19h15). Ce n'est pas le meilleur de chacun de ces compositeurs (sauf pour Chaminade, qui n'est pas forcément une grande compositrice d'ordinaire et tient ici très bien son rang), mais c'est assurément rare. Gratuit ou pas cher, à vérifier. ■ Les meilleurs quatuors de Stenhammar (4), Szymanowski (2) et Chostakovitch (7) par le Royal SQ. (le 21 à 16h, Maison de la Radio, 15€). ■ Programme poèmes et piano, mettant en relation les poètes français avec les nuits agitées des Heures Dolentes de Dupont ou de La Fille aux cheveux de lin – enragée de Kurtág… CRR de Paris, le 25. Gratuit. ■ Programme de pièces françaises pour violon et piano : Vieuxtemps, Ysaÿe, Caplet, Satie, Honegger, L. Boulanger, Milhaud… Par les étudiants du CRR de Paris, le 26 (à 18h). ■ Sonates pour violon et piano : Debussy, n°2 de Ropartz, et une pièce de Lili Boulanger, avec ♥Stéphanie Moraly ♥. Le 26 à 20h au CRR de Paris, et ce doit être gratuit. ■ Concert de quintette à vent dans Ligeti, Briccialdi et Tomasi (faculté de médecine de Bobigny). ■ Pièces pour orgue des grands lettons Ešenvalds, Kalējs, Kalniņš, Vasks et des estoniens Pärt et Tüür. Dommage que ce soit sur l'orgue de la Maison de la Radio (grêle et moche). ► Interprètes et ensembles parrainés. ■ Le formidable Trio Zadig jouera le 8 à Marly-le-Roi, le 11 à l'hôpital Brousse, le 13 à Bagneux, le 15 à Villethierry. Je n'ai pas encore vérifié le détail des programmes. ■ L'ONDIF, exceptionnel dans la musique russe, joue la Cinquième de Tchaïkovski le 24. ■ Je n'ai jamais pris le temps d'écouter Lukas Geniušas (bien classé au Concours Chopin de Varsovie, il y a quelques années), dont tout le monde dit des merveilles – il faut dire qu'il joue essentiellement les standards du piano, dans lesquelles le besoin pressent de nouvelles références ne se fait pas forcément sentir, vu les centaines de gravures déjà largement satisfaisantes qui préexistent (et puis, au piano, j'aime surtout d'autres choses). L'occasion d'aller lui faire coucou, puisqu'il jouera (outre Chopin…) Szymanowski et Čiurlionis le 22 à la Maison de la Radio. ► Cours publics. ■ Cours public de Svetlin Roussev (violon) au CNSM (le 19 à 19h). ■ Cours public de hautbois au CNSM (le 20 à 19h). ► Autres concerts gratuits. ■ Audition de chant baroque au CRR de Paris (le 9 à 19h). ■ Deuxième Symphonie de Schumann et Concerto Jeunehomme de Mozart par l'Orchestre des Lauréats du Conservatoire (classe de direction d'orchestre, le 10 à 19h). Réservation conseillée. ■ Audition des jeunes chanteurs du CRR de Paris (le 12 à 19h). Attention, le niveau peut aussi bien être professionnel (Hasnaa Bennani était embauchée par les Talens Lyriques et la Chambre du Roy avant même d'en être sortie !) que très intermédiaire (quelquefois des voix pas bien sorties) : il faut y aller en humeur exploratoire, pas pour avoir un récital d'opéra à l'œil – contrairement aux plans de musique de chambre du CNSM (en outre meilleurs, comme je le répète régulièrement, que la vaste majorité des récitals payants). ■ Audition de flûte du CRR de Paris (le 19 à 19h). ► Concerts participatifs. ■ Airs d'opérette, à la Philharmonie avec F.-X. Roth. ► Théâtre. ■ Hedda Gabler d'Ibsen à Éragny. ■ Danse macabre de Strindberg, en italien à l'Athénée. ■ La Peur (Zweig) au Théâtre Michel. ► Conseil négatif. ■ Ne vous désespérez pas trop si vous n'avez pas de place pour les Bruckner de Barenboim . Même si on n'entend jamais la Première hors des intégrales (ce qui est fort injuste, et pire encore pour la Nullte !). ► À vendre ! ■ Parce que j'ai d'autres projets / trouvé des places moins chères / un ami empêché / changé d'avis, je revends quelques places, à prix doux et bonne visibilité, pour quelques concerts de janvier et d'après : notamment le Cinquième de Beethoven par Leonskaja & la Petite Sirène de Zemlinsky, puis Paul Lewis & Daniel Harding dans le Premier Concerto pour piano de Brahms, tout ça à la Philharmonie. Carmen au Théâtre des Champs-Élysées (Lemieux-Spyres-Bou), aussi. Et plein d'autres choses à n'en pas douter. Si vous êtes curieux de ma sélection personnelle, elle apparaît en couleur dans le planning en fin de notule. Auguste RODIN, Merci CSS ! Bronze, 1893-1894 Musée Rodin de Paris. 3. Expositions Ça n'a pas énormément changé depuis la dernière fois , laissez-moi gagner un peu de temps de ce côté-là en vous recommandant le remarquable Exponaute (et son tri par date de fin !) ou la très utile sélection mensuelle de Sortir à Paris . 4. Programme synoptique téléchargeable Comme les dernières fois : Les codes couleurs ne vous concernent pas davantage que d'ordinaire, j'ai simplement autre chose à faire que de les retirer de mon relevé personnel, en plus des entrées sur mes activités suspectes et complots universels à rejoindre. Néanmoins, pour plus de clarté : ◊ violet : prévu d'y aller ◊ bleu : souhaite y aller ◊ vert : incertain ◊ **** : place déjà achetée ◊ § : intéressé, mais n'irai probablement pas ◊ ¤ : n'irai pas, noté à titre de documentation ◊ (( : début de série ◊ )) : fin de série ◊ jaune : événement particulier ◊ rouge : à vendre Les bons soirs, vous pourrez toujours distinguer ma démarche gracile le long d'une ombre furtive, dans les couloirs décidément les mieux fréquentés de la capitale. Cliquez sur l'image pour faire apparaître le calendrier (téléchargeable, d'ailleurs, il suffit d'enregistrer la page html) dans une nouvelle fenêtre, avec tous les détails. Toutes les illustrations picturales de cette notule sont tirées de photographies du Fonds Řaděná pour l'Art Puttien, disponibles sous Licence Creative Commons CC BY 3.0 FR . Non, décidément, avec le planning (et les putti) de CSS, on peut raffiner l'or et moissonner les épis de janvier !



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25 décembre

Pour Noël, Les Vêpres solennelles d’un Confesseur, de Mozart

NOËL sur France Musique, aujourd’hui, 16h : Les Vêpres d’un confesseur. Noël avec Mozart for ever… Les Vêpres solennelles d’un confesseur. L’opus K 339 est la seconde immersion dans le genre sacré des Vêpres. En 1780, le jeune Mozart livre son dernier ouvrage sacré pour la Cour de Salzbourg, dont le prince-archevêque, l’iindigne Colloredo, son patron, le traitant de « gamin », l’humiliant en public, recevra sa démission. Très soucieux d’articulation expressive du texte, Mozart se montre comme dans l’opéra, un orfèvre du verbe musical. C’est d’abord l’exaltation urgente et lumineuse du Psaume d’ouverture, le 109, « Dixit Dominus », d’une saisissante énergie pour le choeur. Le Beatus Vir fait alterner en vertigineux contrastes, versets choraux imitatifs puis épisodes de solistes. Puis le Paume « Laudate Pueri » affirme sa couleur archaïsante, en stile antico, avec une section fugato comprenant quintes ascendantes et septièmes diminuées qui citent évidemment le souffle choral des oeuvres de prédécesseurs admirés : Haendel et Bach. Enfin le Laudata Dominum, dernier volet de cette fresque humaine et collective, permet au soprano solo d’éblouir en un arioso réellement inspiré dans la grâce. L’équilibre, les saisissants contrastes expressifs; l’alternance subtilement calibrée des séquences chorales de pure doxologie et de sections solistes plus individualisées attestent au début des années 1780, de l’immense génie mozartien, classique et profond, mûr et poétique. Inclassable par sa justesse et sa sincérité de ton. Dimanche 25 décembre 2016, 16h. France Musique dans le cadre d’un nouveau volet de son magazine hebdo (« la tribune des critiques »), s’interroge en les comparant, sur la meilleure version enregsitrée des Vêpres solennelles d’un Confesseur. + d’infos sur France Musique

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23 décembre

MONTEVERDI 2017 : feuilleton 1, Mantoue : d’Orfeo au Vespro…

DOSSIER. MONTEVERDI 2017, dossier des 450 ans, feuilleton 1 : Mantoue, d’Orfeo aux Vêpres…Claudio Monteverdi (1567-1643) est le premier génie baroque italien, d’une modernité inédite alors. Il permet le passage de la Renaissance au Baroque, c’est à dire de l’abstraction polyphonique (XVIè) à l’esthétique monodique (XVIIè), où une voix haute incarne le chant de plus en plus individualisé de l’âme humaine (sur une basse continue, qui en assure l’accompagnement harmonique : ce type d’écriture libère désormais la ligne du dessus, dévolue désormais à l’expression des passions humaines. Une telle transformation esthétique se lit aussi en peinture quand à la même époque, – approximativement, c’est à dire presque 20 ans avant Monteverdi, Caravage à Rome – soit dans les années 1590 (à l’église Saint-Louis des Français principalement), réalise ses compositions où dans une dramatisation nouvelle de la figuration, ombre et lumière, surgit le réalisme du portrait : immédiatement, le peintre incarne des personnages bibliques et christiques en leur conférant une intériorité humaine jamais vue auparavant (on dit qu’il embauchait pour les peindre, des gens de la rue, pour portraiturer ainsi Madeleine, La Vierge, le Christ, Pierre, ou les Pèlerins… Monteverdi fait de même, d’abord à travers l’ensemble de sa première œuvre, principalement madrigalesque, où il se perfectionne tout d’abord dans le style contrapuntique (Livres I à IV), puis à partir du Livre V, inaugure la fameuse écriture monodique, – une ligne vocale incarnant un personnage, sur une basse continue : le chant baroque le mènera ainsi à l’opéra, avec son Orfeo de 1607, créé pour le duc de Mantoue. première période : Mantoue, jusqu’en 1612 Monteverdi, génie de la modernité baroque LES MADRIGAUX, UN LABORATOIRE MUSICAL… A partir d’une longue tradition maniériste où les compositeurs madrigalesques mettent en musique les vers pastoraux (intrigues entre bergers et bergères) des poètes à la mode (Rinuccini, Marino, Pétrarque…, souvent inspirés par les langueurs et la fureur de la lyre amoureuse : jalousie, ardente prière, impuissance de l’amant aux pieds de son aimée inaccessible…), le jeune Claudio défend très tôt sa propre conception de la poésie musicale, articulant précisément le sens des textes par sa langue musicale, dramatique, ciselée, et en comparaison avec ses contemporains, d’une exceptionnelle sensualité. Le compositeur réalise des vertiges inexplorés jusque là dans ses madrigaux qui interrogent le sens émotionnel des textes, cultivent l’écoute entre les chanteurs, repoussent les limites de la connaissance du sentiment humain. Davantage qu’un musicien soucieux d’exprimer les contrastes ailleurs violents des passions de l’âme – souffrance et embrasement amoureux, Monteverdi semble dès son époque, mesurer et comprendre la subtilité du sentiment : en cela, comme cela sera le cas de Mozart, autre poète de la sincérité et de la vérité, Monteverdi est certes le premier Baroque, c’est aussi le premier romantique : immense orfèvre du sentiment intérieur et de l’intimité pudique des êtres enfin individualisés. Il dessine l’individu face à son destin, face à l’amour, face à lui-même. Avec lui, et avec la langue nouvelle de l’opéra, la révolution musicale est en marche ; chaque avancée, chaque jalon en est marqué spécifiquement dans ses madrigaux tardifs, d’essence plus dramatique que poétique (Il Combattimento di Tancredi e Clorinda, 1638) et dans ses (rares) opéras. Après lui, les compositeurs d’opéras, soumis aux dictats des vedettes du chant virtuoses perdront progressivement ce lien avec le texte et la psyché profonde des êtres. Au point de brosser des types plutôt que des individus. La leçon de Claudio a été perdue. Mais elle survivra encore dans l’écriture de ses meilleurs élèves et disciples dont Cesti, Cavalli… et d’une certaine manière jusqu’à Caldara. PREMIERE PERIODE MANTOUANE. Né à Crémone, Monteverdi débute sa carrière musicale au service du Duc de Mantoue (Vincenzo Gonzaga) : un patron violent et mauvais payeur qui ne comprend pas réellement la modernité de son compositeur officiel. C’est pourtant dans cette première séquence que la maturité visionnaire du jeune homme s’affirme peu à peu : jusqu’en 1612, quand à la mort du duc, Monteverdi quitte Mantoue. Dans ce laps de temps, le poète compositeur réalise sa révolution musicale dans ses Livres de madrigaux, Livre III à V, mais aussi dans une série de chefs d’oeuvres datant des années décisives dans la maturation de son style : 1607 (Scherzi Musicali ; Orfeo, livret de Striggio, créé au palais ducal) et 1608 (Ballet dans le style français Ballo delle Ingrate, sur un texte de Rinuccini ; L’Arianna, opéra créé le 28 mai au palais ducal, hélas perdu dont il ne subsiste que le sublime Lamento, texte de Rinuccini, prière endeuillée qui recueille les larmes de Monteverdi après la mort de son épouse, Claudia, et de la jeune soprano qui devait chanter le rôle d’Ariane : « Lasciatemi morire »). La mélodie tragique, recueillie, pudique, d’une rare intensité introspective, touche les premiers spectateurs jusqu’aux larmes ; elle sera réutilisée par le Monteverdi mûr, plus de 30 ans après, pour Il Pianto della Madona, publié en 1641, mais sur un texte latin et sacré, intégré dans son recueil de partition religieuses : La Selva morale e psirituale). Orphée, Arianne… la mythologie inspire particulièrement le jeune dramaturge. Confronté à sa langue musicale, réaliste, voluptueuse, d’une audace harmonique (chromatismes assumés) inédite, les contemporains résistent dont le moine conservateur Artusi, défenseur de l’ancienne musique (polyphonique, ou Prima Prattica) qui tente de l’attaquer pour obscénité et blasphème. Monteverdi se défend dans de nouvelles oeuvres et des écrits qui argumentent le bien fondé de sa recherche. Représenté dans le salon d’apparat du château ducal de Mantoue, Orfeo (1607) est considéré, par la cohérence de son plan dramatique, grâce aussi à la nouvelle ambition du chant monodique (qui exprime là travers la prière d’Orphée aux enfers, à l’adresse de Pluton, le pouvoir assumé, inédit de la musique et de la monodie : « Possente spirto »), comme le premier opéra baroque de l’histoire. En réalité, le dramma in musica (favola / fable en musique) synthétise Renaissance (choeur des bergers traités comme des madrigaux dans le premier acte) et Baroque (stile vocal dit rappresentativo, c’est à dire dramatique, ou parlar cantando, chant parlé, nouveau par son naturel expressif proche de la parole). EN QUETE D’UN NOUVEAU PATRON… Mais dès 1610, Monteverdi ne se sent plus apprécié à Mantoue et recherche un nouvel employeur qui saura mieux évaluer son génie, tout au moins, apprécier la beauté nouvelle de ses oeuvres. Il élabore alors une collection de pièces sacrées d’une ampleur inédite, associant dans l’esprit libre d’une expérimentation, des formes chorales nouvelles, mêlant instruments, voix solistes et choeur : l’oeuvre qui en découle demeure le polyptique vocal le plus important du premier Baroque (Seicento, XVIIè), Les Vêpres à la Vierge, Il Vespro della Vergina, jouant sur les deux styles ancien et moderne, polyphoniques et monodique, antico, et rappresentativo, avec une pensée musicale inouïe, qui en synthétise la portée de chacun; préfigurant les grandes oeuvres religieuses de la Messe en si de JS Bach et du Messie de Haendel, au siècle suivant (elles aussi, chacune, la somme de toute une vie), à la Missa Solemnis de Beethoven… Les Vêpres sont dédicacées au pape, un patron que Monteverdi aurait souhaité servir alors. D’autant qu’il réalise à la même période une autre pièce sacrée, celle ci plus conservatrice, pour mieux plaire encore au clergé romain, la Messe in illo tempore (dont l’austérité témoigne sa concession et son adhésion au stile antico). Au théâtre ou à l’église, le Monteverdi quadragénaire (43 ans en 1610) fait montre de l’étendue de ses possibilités : un génie inclassable, aux œuvres d’une force expressive, d’une nouvelle intériorité, irrésistibles, qui cherche à la fois un lieu et un protecteur… Son salut ou sa seconde vie, viendra de Venise où il inventera l’opéra baroque, pendant les 30 dernières années de son existence (1613-1643). ______________________ A venir : Monteverdi 2017, dossier des 450 ans : Feuilleton II : Venise, Monteverdi en gloire

Georg Friedrich Haendel
(1685 – 1759)

Georg Friedrich Haendel est un compositeur allemand, naturalisé britannique (23 février 1685 - 14 avril 1759). Haendel personnifie souvent de nos jours l'apogée de la musique baroque aux côtés de Bach. Né et formé en Saxe, installé quelques mois à Hambourg avant un séjour initiatique et itinérant de trois ans en Italie, revenu brièvement à Hanovre avant de s'établir définitivement en Angleterre, il réalisa dans son œuvre une synthèse magistrale des traditions musicales de l'Allemagne, de l'Italie, de la France et de l'Angleterre. Virtuose hors pair à l'orgue et au clavecin, Haendel dut à quelques œuvres très connues (notamment l'oratorio Le Messie, ses concertos pour orgue et concertos grossos, ses suites pour le clavecin, ses musiques de plein air : Water Music et Music for the Royal Fireworks) de conserver une notoriété active pendant tout le XIXe siècle, période d'oubli pour la plupart de ses contemporains. Cependant, pendant plus de trente-cinq ans, il se consacra pour l'essentiel à l'opéra en italien (plus de 40 partitions d'opera), avant d'inventer et promouvoir l'oratorio en anglais dont il est un des maîtres incontestés.



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