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Musique classique et opéra par Classissima

Georg Friedrich Haendel

samedi 29 avril 2017


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27 avril

VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et Mémoire, du 15 au 30 juillet 2017.

Classiquenews.com - Articles VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et Mémoire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxième quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cœur des Vosges saônoises, bercés, étonnés, surpris, par une programmation riche et singulière, en nouvelles expériences baroques. Musique et Mémoire est une scène résolument baroque à nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthétiques des XVIIè et XVIIIè, entre France, Italie, pays germaniques. Grâce à l’intuition sûre de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son créateur), Musique et Mémoire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en résidence de nouveaux programmes. C’est à chaque édition, une traversée unique et féconde, qui n’est pas liée à un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saônois, entre étangs et églises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalité des écritures baroques selon un rythme désormais bien identifié : 3 week ends ouvragés avec intelligence et gradation, 3 ensembles en résidence portés par l’exigence de l’expérimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet été, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblématique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicité recréatrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon…); Puis les 22 et 23 juillet, Musique et Mémoire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La Rêveuse qui fête non sans raison le génie de Telemann, mis à l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite également du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et pièces instrumentales dont les Brandebourgeois… Voici caractère et temps forts de l’édition 2017, présentée en 3 étapes successives, complémentaires, du 15 au 31 juillet 2017. ACTE I Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017 Les TIMBRES, Marc Mauillon… Les 3 artistes irrésistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur résidence de trois années (renouvelée en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phénomène rare pour être souligné) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux… ». Ainsi l’idée d’ne traversée et d’une itinérance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohérence puisque Les Timbres mènent depuis leurs début en Haute-Saône, des actions de sensibilisation dans les classes, auprès des scolaires afin de transmettre le goût de la curiosité et de la musique. Une démarche encouragée par Fabrice Creux, engagée, localement active, donc particulièrement exemplaire. La précision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilité désormais repérée, est suivie par les festivaliers depuis le début de leur première résidence ; en 2017, Les Timbres s’intéressent au XVIIè anglais et germaniques, comme au premier XVIIIè français… Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique européenne baroque est surtout une formidable école des métissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontière, c’est là le secret de sa formidable émulation des idées et des réalisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et pièces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, répétition publique); Sur les traces du Bach à la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude…le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique à déguster (Musique Elisabéthaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam… Fougerolles, le 19 juillet à 19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal à Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et Angélique Mauillon, le 20 juillet, Melisey à 21h), enfin Dialogues avec l’âme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet à 21h). ACTE II Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017 VOX LUMINIS et LA RÊVEUSE Acteurs d’une résidence qui fut pour chaque ensemble, découverte et approfondissement, Vox Luminis et La Rêveuse reviennent à Musique et Mémoire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La Rêveuse a ce goût du timbre et de la complicité instrumentale qui assure toujours une réalisation toute en finesse et intériorité. Samedi 22 juillet 2017, LURE (église Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et Mémoire pour un programme très attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composé par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage à Rome ; le second est créé à Londres en 1739 (A 17h, répétition publique). Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit européen par La Rêveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250è anniversaire de sa mort, le Festival célèbre le génie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi élégant qu’inventif, véritable miroir et synthèse des influences européennes mêlées : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une première approche très réussie des Goûts réunis. Puis à 17h (CORRAVILLERS, église Saint-Jean Baptiste, 17h), La Rêveuse propose une soirée musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani). ACTE III 2ème et dernier week end : Résidence d’Alia Mens. Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017 Sous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en résidence Alia Mens se dédie à nouveau (comme l’année dernière, amorce de leur présence à Musique et Mémoire) au génie de Jean-Sébastien Bach, massif vertigineux, défi cyclopéen pour tout interprète baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dès jeudi 27 juillet 2017 (église de Saint-Barthélémy, 21h) : « Pour la récréation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par Stéphanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet à Héricourt (Eglise luthérienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son évocation du printemps, pour évoquer les après midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au Café Zimmermmann que Bach dirige à la suite de Telemann à partir de 1729. Pour le week end, Alia Mens nous régale de la même façon dans deux programmes qui devraient à nouveau marquer sa résidence à Musique et Mémoire : d’abord, samedi 29 juillet à Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la Réforme » : c’est à dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIè): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblèmes d’une virtuosité époustouflante, celle d’un Bach inspiré, imaginatif, disposant d’instrumentistes particulièrement habiles… Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et Mémoire. Haute technicité virtuose, acuité du sens. Le voyage promet de nouvelles révélations. ________________________ Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-Saône et dans les Vosges saônoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017 , festival incontournable des VOSGES DU SUD (70). http://www.musetmemoire.com/index.php

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Bérénice Levet, Hannah ne vois-tu rien revenir ?

Passionnant livre de Bérénice Levet : Le crépuscule des idoles progressistes (Stock) ou comment tout comprendre de l’impasse intellectuelle du monde actuel après le refus de la transmission afin de devenir “plus libre” alors que cela nous emprisonne au contraire dans le présent et le relativisme en nous privant des grands invariants de la condition humaine. Trois Madeleines Rameau, Les Indes Galantes Air dit des Sauvages Version JC Malgoire 1974 ou Herreweghe, 1983 Bach, Variation Golberg Variation 1 Gleen Gould, 1982 Schubert, Quatuor à Cordes N°14 D810, “La jeune fille et la mort” Le scherzo Quatuor Alban Berg, 1994 Quatre choix musique classique Mozart, Noces de Figaro Air de Chérubin, Non so piu cosa son, cosa faccio, Solti, 1982 Monteverdi, Il combattimento di Tancredi e Clorinda Version Nikolaus Harnoncourt, testo : Werner Hollweg A partir de Notte, che nel profondo oscuro seno jusqu’à Sanguinosi guerrier cessara alquanto Brahms, op. 121 Vier ernste Gesänge 1er des quatre Chants Sérieux Denn es gehet dem Menschen wie dem Vieh Katleen Ferrier, 1950 Piano John Newmark Haendel, Messie Choeur : A child is born Version Les Arts Florissants, William Christie (Barbara Schlick, Sandrine Piau…)




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27 avril

Festival de GSTAAD / GSTAAD Festival & Academy, 13 juillet – 2 septembre 2017

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY (Suisse) : 13 juillet – 2 septembre 2017. 61ème édition. “POMP in MUSIC”… Grands espaces, air pur, artistes d’exception… l’affiche du 61è Festival Yehudi Menuhin à Gstaad en Suisse promet le meilleur cet été. Tout en constituant des plateaux prometteurs, où souvent les têtes d’affiches côtoient les jeunes tempéraments, le Festival organise aussi de nombreuses académies dont celle, unique en Europe, de direction d’orchestre. La transmission et l’apprentissage sont au cœur de l’institution, offrant ici aux jeunes chefs l’expérience de l’orchestre, grâce à l’orchestre du Festival. Dès le 13 juillet, un cycle de 70 concerts placés en 2017 sur le thème de “Pomp in Music”, musique de fête, de célébration, puissance et magnificence, virtuosité et personnalité… soit le meilleur de la musique, s’invite cet été à Gstaad. POMP IN MUSIC 2017 : célébration et accents festifs à GSTAAD cet été SAANENLAND, le cœur éblouissant des Préalpes Suisses. A l’origine, son fondateur le violoniste légendaire Yehudi Menuhin s’était fixé dans le Saanenland, au début des années 1950, repérant dans une campagne idyllique plusieurs églises au charme rural authentique et à l’acoustique idéale pour le récital intimiste ou les grands effectifs. Dès 1977, l’idée d’un festival se concrétise dans un milieu naturel d’une beauté à couper le souffle… Le Festival a soufflé ses 60 ans à l’été 2016, comme il a fêté simultanément le centenaire de son fondateur… Aujourd’hui, soucieux de prolonger une histoire musicale exemplaire, Christophe Müller, directeur artistique du Festival, veille ainsi chaque été à un subtile équilibre qui fait l’attrait particulier de l’événement : beauté des lieux investis, dans une nature montagneuse préservée, grande qualité artistique des personnalités invitées, et donc, 5 académies de musique (chant, piano, cordes, baroque…) en particulier celle destinée à encourager les jeunes baguettes d’aujourd’hui sous la direction du chef Jaap van Zweden (nouveau directeur du Gstaad Festival Orchestra et de la Gstaad Conducting Academy) qui prendra ses fonctions cet été 2017 (Jaap van Zweden a été nommé à partir de janvier 2018, directeur musical du Philharmonic de New York -portrait ci dessous). Depuis 2014, et pendant 3 semaines, pour l’été 2017, du 1er au 18 août, les chefs apprentis peuvent approfondir leur capacité, ajuster leur expérience, enrichir une pratique toujours exigeante, grâce à la présence de grands chefs réputés. Les festivaliers peuvent suivre ainsi les avancées des jeunes musiciens (masterclasses) et assister ensuite, prolongement et aboutissement des séances de travail au concert final (avec orchestre), le 19 août 2017 (grand concert symphonique sous la tente du Festival). VOIR le fonctionnement et l’offre de la GSTAAD Academy , de la GSTAAD Conducting Academy (académie de direction d’orchestre). https://www.gstaadacademy.ch/fr/home https://www.gstaadacademy.ch/fr/conducting Personnalités invitées et temps forts de cet été 2017 à GSTAAD : entre autres, Anne-Sophie Mutter (24 août), Diana Damrau (25 août), Cecilia Bartoli et Sol Gabetta (le 31 août), la trompettiste Tine Thing Helseth, l’organiste Cameron Carpenter ; les pianistes Sir András Schiff (de retour à la tête de la Gstaad Piano Academy, le 14 juillet), Leif Ove Andsnes (4 août), Boris Berezovsky (3 août), Piotr Anderszewski (6 août), Fazil Say (12 août) et Evgeny Kissin (26 août) ; parmi les temps forts de l’édition du Festival de Gstaad, festival et Academy : la soirée “Baroque Tweeter” proposée par Nuria Rial et Maurice Steger (27 juillet), le Messie de Haendel (Paul McCreesh, le 15 juillet), la représentation en version concertante de l’opéra Aïda de Verdi avec Roberto Alagna et Erwin Schrott (1er septembre) ; côté grandes soirées orchestrales, vous ne manquerez pas le feu d’artifice final du LSO et de Gianandrea Noseda avec Khatia Buniatishvili (Concerto pour piano n°2 de Rachmaninov, le 23 juillet), et les deux concerts de l’Académie Saint-Cécile de Rome et Sir Antonio Pappano (25 et 26 août)… A noter pour les festivaliers, les concerts ouverts au public sous le label “L’heure bleue’, point de contact privilégié avec les stars de demain (toutes les ingos ici : www.gstaadacademy.ch ) _______________ GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY (Suisse) 61e édition 13 juillet – 2 septembre 2017 “Pomp in Music » CONSULTER L’AGENDA des 70 concerts 2017 https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/location-and-programme/programme-2017 INFOS & RESERVATIONS : https://www.gstaadacademy.ch/fr/home VOIR NOTRE REPORTAGE VIDEO du festival 2016 Avec les sœurs Labèque, Christoph Müller, Paul McCreesh… présentation du festival, sa ligne artistique, ce qui en fait la singularité et le rendez vous incontournable des mélomanes http://www.classiquenews.com/reportage-gstaad-menuhin-festival-academy-presentation/ REPORTAGE VIDEO : notre immersion au GSTAAD Menuhin Festival & Academy (Suisse) — Depuis 60 ans (à l’été 2016), le Gstaad Menuhin Festival & Academy fait rayonner depuis Gstaad et Saanen en Suisse, les valeurs du violoniste et chef d’orchestre Yehudi Menuhin dont le Centenaire de la naissance a été aussi fêté en juillet 2016 : ouverture, générosité, transmission et partage. De fait, l’actuel directeur artistique et intendant Christoph Müller défend une offre très équilibrée entre concerts et expérience pédagogique à destination des musiciens amateurs et musiciens professionnels. Tous les publics sont invités à Gstaad chaque été pour y découvrir les grands interprètes (Lang Lang, Sol Gabetta, Katia et Marielle Labèque,…) mais aussi les jeunes talents (cycle des “Matinées des jeunes étoiles”), s’émerveiller des grands orchestres et des chefs renommés invités sous la fameuse tente blanche à les diriger… Présentation par Christoph Müller, intendant et directeur artistique. REPORTAGE EXCLUSIF © studio CLASSIQUENEWS.COM — Réalisation : Philippe-Alexandre Pham / © 2016 — toutes les photos panoramiques du Yehudi Menuhin Festival & Academy 2016 © Lucy Boccadoro studio

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27 avril

Compte-rendu, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 26 avril 2017. CAVALLI : La CALISTO. Les Talens Lyriques / Mariame Clément.

Compte-rendu, opéra. STRASBOURG, ONR.CAVALLI : La CALISTO. Jusqu’au 14 mai 2017. Les Talens Lyriques / Mariame Clément. VICTIMES DE L’AMOUR… LANGUEURS & EXTASE DE L’OPERA VENITIEN DU SEICENTO. Voyez ces pauvres cœurs : Pan, Endymion, le petit satyre et même la vecchia Lymphée … qui se lamentent tous, de ne pas être aimés : palmes en cela à Pan qui reste seul et frustré en sa grotte froide et sinistre (sa vengeance n’en sera que plus sadique à l’endroit d’Endymion) ; d’autant que ce dernier, s’il est lui aussi languissant, extatique, réussit cependant à séduire et se faire aimer de Diane l’inaccessible (une prouesse car la divinité est réputée pour sa chasteté comme sa haine des hommes…). Une autre victime mais à l’inverse et à l’extrémité de cet échiquier sentimental, demeure Calisto : c’est elle qui est la plus trompée du lot ; croyant aimer Diane quand c’est Jupiter travesti, qui abuse de sa confiance, avec la complicité de Mercure, vrai dépravé par ailleurs. ETONNANT CHOIX DRAMATURGIQUE. Enchaîner ici l’acte I et II , c’est à dire offrir le seul entracte à la fin du II, est une erreur, car le continuum qui en découle, déséquilibre la continuité et le rythme originels. Ainsi se succèdent plusieurs scènes de lamentation et d’extase, de prière aussi, certes justes sur le plan émotionnel mais qui accumulent dans l’échelle des genres, une série de séquences semblables, plus intérieures que dramatiques: dans cette collection de prières individuelles ou de lamentos tous caractérisés et individualisés… l’ennui pointe malheureusement. Langueur et extase cavaliennes à Strasbourg Victimes de l’amour ENVOÛTANTE ET TRES REUSSIE, la première scène du II, où au mont Lycée, le berger s’unit à sa déesse contre toute attente (par le truchement du sommeil et du songe) ; ils réalisent ce que tous espèrent, et souhaitent : un amour partagé. Ainsi s’énonce la superbe fusion des deux cœurs qui se reconnaissent véritablement, soit Diane et Endymion auxquels Cavalli destine ses plus beaux airs. En génie de la volupté enivrante et de la langueur, le compositeur se surpasse même. Y compris les airs de Calisto seule (dès son entrée à l’acte dans son air où elle déplore l’Arcadie sans eau, brûlée par le soleil après la chute du char solaire précipité par l’imprudent Phaëton) ; chaque air de Calisto, nymphe assoiffée (au sens propre comme figuré) exprime idéalement l’élan du désir, la quintessence d’une âme naturellement voluptueuse, prête à basculer : les joyaux musicaux de la partition lui sont aussi réservés. En écho au duo sublime Endymion/Diane (voir d’ailleurs le peintre romantique Girodet qui a peint dans le sillon de Cavalli pareilles langueur et extase du bel Endymion sous l’étreinte de la Diane lunaire, tableau au Louvre) succèdent ainsi une série de facettes du désir de l’amour incandescent avec pour la plupart une bonne dose de cynisme, de cruauté, d’illusion amère voire de sadisme sexuel (viol de la vecchia par la bande des satyres lubriques) : ainsi le duo parodique entre Calisto et Jupiter travesti ; miroir de l’amour mensonger ou de l’illusion amoureuse : Calisto croit aimer et posséder Diane, alors qu’elle est abusée par Jupiter… on se souvient de la production mythique du regretté Herbert Wernicke avec Maria Bayo, diamant vocal d’une volupté saisissante. C’était le temps où l’on recréait l’ouvrage vénitien et avec lui toute l’esthétique sensuelle vénitienne du XVIIè (Bruxelles, 1993). A Strasbourg, les producteurs ont écarté le registre bouffon abandonnant comme hier la performance d’une basse-bouffe dans le rôle de Jupiter / Giove car à Strasbourg, c’est en réalité la même mezzo qui joue Diane et Jupiter (déguisé en Diane). DISTRIBUTION COHERENTE. Vocalement, la distribution rend bien ce déchaînement des passions (jusqu’à la frénésie libidineuse des faunes et des duo Jupiter/Mercure) comme la langueur insatisfaite des protagonistes : ainsi Calisto, ardente et sensuelle nymphe, s’affirme dans le timbre ample et rond de la soprano russe Elena Tsallagova, qui malgré la séduction de sa voix suave, peine cependant à ciseler le verbe voluptueux qui hier avait révélé la légendaire Maria Bayo : il est vrai que la première ne possède pas le diamant éclatant des aigus de son aînée. Du coup, c’est toute la matière souvent incandescente du texte qui est dilué dans un beau chant souvent … imprécis. La soprano ne s’alanguit pas assez dans le mystère du désir et la force irrésistible qu’il fait naître dans le cœur de celui (ou celle) qui en est traversé(e). Ses récitatif sont trop lisses et malgré un érotisme inscrit dans le personnage, l’interprète ne mord pas assez dans la chair du texte, – un livret riche en images des plus lascives et en saillies truculentes, ces dernières inspirant même aux costumes des satyres d’éloquentes prothèses sexuelles (!). Dans sa mise en scène si fabuleuse, Wernicke avait résolu la présence du lubrique et de l’indécence par des dessins et tags aux murs en forme de bites, et les nombreux passages aller-retour des personnages par une série de trappes découpées dans le cube de l’espace théâtral. Ici, le mouvement incessant des personnages et des situations alternées est résolu par une boîte centrale circulaire qui pivotante, assure le passage d’un décor à l’autre ; quant au lubrique et à l’obscénité incarnés par les faunes / satyres, fallait-il réellement affubler les comédiens de sexes apparents ? Le paillard et le grivois sont magnifiés quand ils sont suggérés. Duo lubrique et goguenard d’une vulgarité qui discrédite la noblesse de la dignité divine, Jupiter et Mercure- respectivement Giovanni Battista Parodi (routinier) et Nikolay Borchev (engagé, bon acteur)- ; leur tandem incarne sur scène cette perversité de l’élite portée, obsédée par la gaudriole, – collectionneurs en tromperies et coups pendables les plus scabreux. Ces deux là sont deux jouisseurs d’une barbarie inepte. Calisto fait évidemment les frais de la duplicité d’un Jupiter qui n’a rien de divin. Voilà bien ce cynisme poétique, propre à Venise, déployé par le librettiste Faustini, habile dramaturge qui n’hésite pas comme ses confrères et ceux qui l’ont précédé à relire au vitriol les péripéties des dieux de la Mythologie. Comme avant lui, Busenello, écrivain librettiste de la décennie précédente pour Monteverdi (Le Couronnement de Poppée). Rayonnantes, deux chanteuses actrices d’une présence remarquable… D’abord, la Diane autrement plus engagée est doublement portée par l’agile et mordante Vivica Genaux qui exprime vis à vis de Calisto, la déesse soucieuse de pudeur chaste (quand elle est elle-même), mais aussi s’agissant de Jupiter travesti (en Diane) l’empire de la séduction mâle, la séduction fleurie, la promesse du rut, l’appétit du fornicateur : la mezzo de Fairbanks (Alaska) trouve et la couleur de voix et la gestuelle propre au Jupiter en verve, incarnant ce buffa virtuose qui d’ordinaire est réalisé par la basse chantant Jupiter. L’interprète convainc davantage encore dans ses duos avec Endymion, le berger langoureux lui aussi amoureusement envoûté par Diane dont les caresses lunaires l’enveloppent : ces deux là fusionnent et se répondent avec un charme éloquent. D’un sérieux tragique chauffé jusqu’aux braises, Junon trouve en l’impeccable soprano Raffaella Milanesi, un rôle taillé à sa suprême mesure, vocal et dramatique ; la vérité de l’épouse trahie et perpétuellement humiliée s’incarne immédiatement à son apparition : le jeu est sévère et exacerbé à la mesure de cette scène (au II) où assurant le surgissement du genre seria dans cette comédie sculptée dans l’encre la plus cynique, Junon, la déesse bafouée donne une leçon de morale à son époux coupable, déguisé en femme, mais qu’elle feint de prendre pour Diane. La confrontation des deux figures, chacune dans un registre opposé, elle : morale trahie contre lui: insouciance frénétique, fait penser à une mère/reproche surprenant en flagrant délit son rejeton en plein larcin : c’est impeccable, hilarant et fonctionne à merveille car il s’agit bien d’une comédie. La scène est le point le plus drôle de la soirée. Parmi les hommes outre le très vivant Mercure déjà distingué, reconnaissons la voix moelleuse et flexible de l’excellent Filippo Mineccia (belle révélation vocale), dans le rôle crépusculaire du berger Endymion, attaché au songe et à l’extase qui sont ses modes de connexion avec Diane. Même justesse de ton pour le vétéran du baroque, Guy de Mey, parfait dans le rôle travesti de Lymphée, la vieille qui pense trouver ce jeune Adonis qui saura l’aimer et la prendre malgré ses rides… Dans la fosse, le frêle continuo des Talens Lyriques (qui restitue le format sonore des orchestres dans les théâtres d’opéra à venise au XVIIè) manque souvent de relief et de caractérisation optant pour un tempo ralenti au risque de diluer la tension. Pas chauffés immédiatement, les deux cornetistes dans l’ouverture sonnent, courts, étroits, rétrécis …refusant à la caresse envoûtante de la musique de se déployer : pas facile d’exprimer la poétique musicale et sonore de Cavalli dans l’un des chefs d’œuvre voluptueux érotique les mieux aboutis (1651). Néanmoins en cours de représentation, l’équilibre musique et chant, l’articulation instrumentale, comme la direction du chef se bonifient. La mise en scène de Mariame Clément applique une lecture cohérente sur l’histoire de la pauvre Calisto, amoureuse trompée par le lubrique Jupiter et sa transformation (expédiée) en ourse puis en constellation (meilleure métamorphose finale) : la metteure en scène choisit la fosse d’un ours continûment dominé et contraint aux pitreries de cirque sous les coups de fouet que tiennent tour à tour les acteurs de ce théâtre barbare. C’est une déclinaison en plusieurs épisodes des visages multiples de l’amour cruel. L’opéra vénitien connaîtrait il aujourd’hui un regain durable ? On ne peut que s’en féliciter en cette année Monteverdi qui en est l’auteur le plus impressionnant et aussi le maître de Cavalli. Cette nouvelle production de La Calisto sans réellement atteindre l’ivresse et l’extase comme la frénésie truculente des aînés baroqueux d’hier (évidemment René Jacobs en tête) ne démérite pas. Grâce au jeu d’actrice et de chanteuses accomplies que sont les divas Genaux et Milanesi, grâce au métier et à l’assurance vocale du contre ténor italien Filippo Mineccia (dans le rôle majeur d’Endymion), la lyre cavallienne surgit à Strasbourg, dans sa vérité sensuelle, âpre et enivrante. A voir à Strasbourg et Mulhouse jusqu’au 14 mai 2017. VOIR notre séquence Vidéo RAFFAELLA MILANESI chante ALCINA de HAENDEL http://www.classiquenews.com/diva-daujourdhui-raffaella-milanesi-soprano-lardente-flamme/ http://www.classiquenews.com/diva-daujourdhui-raffaella-milanesi-soprano-lardente-flamme/ LIRE notre présentation de l’opéra LA CALISTO de CAVALLI, nouvelle production de l’Opéra national du Rhin, du 26 avril au 14 mai 2017 http://www.classiquenews.com/nouvelle-calisto-a-strasbourg-et-mulhouse/ Compte rendu, opéra. STRASBOURG, ONR, le 23 avril 2017. CAVALLI : LA CALISTO, nouvelle production. ______________________ Nouvelle production Francesco Cavalli : La Calisto Dramma per musica en trois actes avec prologue Livret de Giovanni Faustini Créé au Théâtre San Apollinare de Venise, le 28 novembre 1651 Direction musicale : Christophe Rousset Mise en scène : Mariame Clément La Calisto: Elena Tsallagova Eternità Diana: Vivica Genaux Giove: Giovanni Battista Parodi Mercurio: Nikolay Borchev Endimione: Filippo Mineccia Destino, Giunone: Raffaella Milanesi Linfea: Guy de Mey Satirino: Vasily Khoroshev Natura, Pane: Lawrence Olsworth-Peter Silvano: Jaroslaw Kitala 2 Furies: Tatiana Zolotikova, Yasmina Favre Les T. Lyriques I STRASBOURG, Opéra me 26 avril, 20h ve 28 avril, 20h di 30 avril, 15h ma 2 mai, 20h je 4 mai, 20h MULHOUSE, La Sinne ve 12 mai, 20 h di 14 mai, 15 h RESERVEZ VOTRE PLACE http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2016-2017–la-calisto-opera-national-du-rhin.html



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19 avril

Un brin de musique pour Pâques

« Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg). De g. à dr. : Nicolas Courjal (Narbal), Cyrille Dubois (Iopas), Joyce DiDonato (Didon), John Nelson, Hanna Hipp (Anna), Michael Spyres (Enée), Marianne Crebassa (Ascagne), Philippe Sly (Panthée) / © Gregory Massat À Paris, c’est simple. Tout, spectacles et concerts, tombe en même temps. Mais qu’arrivent les vacances scolaires, c’est comme si tout le public n’était fait que de nos chères petites têtes blondes, et de personnes les accompagnant. Relâche partout, comme ont pu le constater les lecteurs de L’Œil et l’Oreille. Pour faire exception à la règle tout en la confirmant, Bastille a choisi cette année de faire tomber les deux premières représentations de la très attendue Fille des Neiges samedi saint en soirée et lundi de Pâques en matinée. C’est le retour des vacances et on peut espérer l’appoint affluant des visiteurs vacanciers allant voir un Rimski-Korsakov certes pas joué partout. On ne la verra qu’un peu plus tard, s’étant programmé ce week-end de Pâques en Alsace. Là on est en plein cœur de vacances scolaires, et non à leur fin. De surcroît en Alsace concordataire le vendredi saint, comme en Allemagne, est férié ; double raison pour vider les salles. Or, surprise, merveille, c’est tout le contraire. La seule Strasbourg (qui certes n’est ni toute l’Alsace ni à elle seule le Rhin) programmait bombance le samedi au soir. Des Troyens entiers de Berlioz, au Palais des Congrès, de 19 h à minuit (plus débordements probables), destinés à un enregistrement Warner, donc avec quelques divertissements et ensembles qu’en scène on jugerait raisonnable de couper, pour alléger ; et le lundi après-midi de ces mêmes Troyens aurait lieu une deuxième exécution publique. En plus, dans la toute neuve salle de 500 places, idéale pour la musique de chambre et le piano, qui sert d’Auditorium au Conservatoire, Strasbourg offrait un récital Adam Laloum : Beethoven et Chopin. Ne pas hésiter en ces cas-là. Prendre les deux. On n’irait pas avec autant de commodité de l’Ile Seguin à la Philharmonie de la Villette, sans doute. Paris est une grande capitale. À Strasbourg il était possible d’attraper après les bis de Laloum le dernier acte des Troyens, se réservant d’en voir le tout, et dans l’ordre, le lundi de 15h à 20 (plus débordements). Mission accomplie. DR On a évidemment fait le bon choix en suivant Adam Laloum dans ce qui est encore tâtonnements de ses premiers Beethoven. C’est la seconde fois qu’il jouait ce programme. La Pathétique d’abord, avec sa solennité et sa gravité décidée, ses silences aussi, sa façon hésitante encore d’enchaîner un sujet à un autre, sa notoriété aussi, qui fait que chacun se la chante à soi-même : rien ne fait la tâche facile au pianiste qui l’essaye, et nul doute que Laloum en distribuera autrement les contrastes, les ruptures et surtout les silences, qu’il nous a faits un peu longs, ou du moins pas assez tendus par l’imminence implicite de ce qui se décide derrière eux. Mais la noblesse et la gravité du ton expriment une sorte de familiarité avec le génie, une légitimité d’enfant de la maison : légitimité confirmée par l’éblouissante Waldstein qui s’y enchaînait presque. Là Beethoven va son train, et impose son train. Pas d’hésitations, ni d’états d’âme. Il faut y aller, et vite ; et marteler les touches ; et que cela chante pourtant, et du chant le plus souverain, le plus éperdu peut-être, que Beethoven ait jamais chanté. Tout au plus l’Introduzione médiane laisse voir comment le pianiste construit l’arche d’où va se libérer l’envol magique du Rondo. Là il dispose ses éléments et juge, lui et lui seul, du temps, des lenteurs, de l’intensité qu’il convient d’y mettre. Seul critère : la magie en effet, et l’envol fabuleux de l’à peine phrase qui va en jaillir, et faire voir Beethoven si inattendu poète. Elle a montré Laloum pleinement maître. Chopin ensuite paraît facile, ou le serait si le pianiste n’y enchaînait pas plus de merveilles qu’il n’est habituel d’en mettre à la suite : Barcarolle d’abord, puis Polonaise Fantaisie, enfin Sonate n°3 ! On connaît Laloum dans cela, et quel ordre magistral il sait mettre dans une sonate dont tant de grands pianistes peinent à trouver la construction, la proportion, la clé. Et le chant souverain de son largo ; on l’a déjà entendu. La nouveauté était dans la sublime Barcarolle qu’elle ne se contente pas de miroiter au soleil, comme glissant sur des eaux moirées, et n’ayant que ce revêtement, qui est la beauté même. Mais toute l’harmonie est là, comme une mer dans sa turbulence du dedans, jamais domptée ; et cette inquiétude, sans laquelle Chopin ne serait pas Chopin. Cette beauté de chant à la surface des eaux, et cet appel de détresse ou de désir ou de quelque chose d’à la fois bleu et noir, dans les flancs de cette gondole qui semble ne rien faire que glisser, ah c’est le miracle même de Chopin pleinement restitué, où la mélodie est aussi harmonie… « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg) / © Gregory Massat « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg). De g. à dr. : Hanna Hipp, Michael Spyres, Marianne Crebassa, Philippe Sly / © Gregory Massat Rien n’a prédisposé l’énorme monstre qu’on appelle aujourd’hui Les Troyens à être joué en son entier en une fois, ni même à la suite. Berlioz, assez désespéré de voir qu’on ne les jouait en fait pas du tout, allait se résigner à voir sa Cassandre, sa vierge bien-aimée, dépecée par les éditeurs : et que les curieux en prennent un petit morceau, pour goûter, comme les ménagères, disait-il avec amertume, achètent un peu de mou pour leur chat. Arriver en début de dernier acte (rassurez-vous, on n’en est pas à ses premiers Troyens), c’est aborder en plein Berlioz. Il n’y a pas plus noble plainte dans tout Berlioz, ni peut-être dans toute la musique française, que cette évocation par une voix de ténor (personnage absolument secondaire, qui ne s’exprime, n’apparaît que là) de la patrie quittée ; quittée et sans doute perdue ; plainte qui est la noblesse même, une noblesse mâle, sans affèterie, ni complaisance lyrique féminine (comme serait chez Berlioz même la plainte d’une Jeune captive). Avec évidemment le revêtement instrumental bruissant que Berlioz réserve à tout ce qui est aussi évocation d’une nature aimée et qui ne sera jamais, elle, comme la patrie, complètement perdue. On entrait dans Berlioz, dans ce monument absolu de la musique française que sont Les Troyens, par sa porte la plus discrète ; la plus jalousement chérie. Mais c’est à cette façon qu’a Berlioz de donner pleine voix à un lyrisme pleinement français qu’on jugera tout ce qui s’entend par ailleurs. « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg). De g. à dr. : Hanna Hipp, Michael Spyres, Marianne Crebassa, Philippe Sly / © Gregory Massat La diction princière (sans affectation pourtant) de Stanislas de Barbeyrac, sa façon toute simple mais essentielle d’habiter ce qui en vérité est le génie de la langue en tant qu’elle s’exprime par le chant, c’était une aune à laquelle le reste de la distribution aurait ensuite à se mesurer. Admirons à cet égard sans réserve l’Enée de Michael Spyres. On n’est pas plus international ; plus cosmopolite, d’éducation, de langue, et admirable en toutes. Ses affinités pour un style français pas forcément à la mode, il les a assez démontrées dans une Muette de Portici à l’Opéra-Comique, restée légendaire. Diction non moins princière (on finira d’ailleurs par se dire que Berlioz, qui écrit si inconfortablement pour les voix en tant qu’elles sont des voix, fait très généralement qu’on puisse et doive bien entendre ce qu’elles ont à dire). Le seul reproche qu’on puisse adresser à un si merveilleux Enée est qu’il fasse sonner tout trop facile, sans ce sens de la difficulté affrontée et terrassée qui fait les forts ténors tellement plus m’as-tu-vu. Quintuple bravo donc pour tant de discrétion, jointe à tant de performance ! « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg) / © Gregory Massat Joyce DiDonato est un cas à part. Sublime chanteuse en Rossini, vocalisatrice foudroyante en Haendel. Mais là, à peine si on a souci de faire entendre les mots, encore moins les mettre en valeur. Ce n’est pas mince mérite que la diction soit si claire et nette, dans un français plus appliqué que son Enée, mais parfaitement admirable. Seul inconvénient, auquel la plupart ne seront même pas sensibles : en rien chez elle ne s’entend le génie de la langue, la langue chante. Si elle trouve d’admirables couleurs, c’est en musicienne, en réponse à une clarinette ; pas à l’appel d’un mot, qui porte évocation. On le répète, la plupart ne seront sensibles qu’à la performance vocale, qui est de grand prix (une fois accepté le caractère légèrement flûté de la voix elle-même quand elle chante soutenu et legato). Le lundi elle avait corrigé des fautes de ton, tel emploi écrasé de tel grave ; et davantage lié les moments de son Adieu à Carthage, un peu émiettés le samedi soir. Comment ne pas battre des mains ? Pourtant, quand on prend Les Troyens dans l’ordre, et qu’on entend La Prise de Troie au début, comme il convient, quel effet autrement profond fait Marie Nicole Lemieux ! La concentration du timbre ne nous trompera pas. Elle pourrait se contenter de vocaliser son rôle. Mais elle le chante. Le moindre mot vit de son propre sentiment poétique, comme Berlioz en rêvait. Qu’à cela elle ajoute ce que Rimbaud appelle un « monceau d’entrailles », et que plus réalistement on pourrait appeler de telles tripes, dans un engagement, une défonce héroïque de soi-même, et le choix se fait aussitôt. La protagoniste femme des Troyens, c’est elle. « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg). De g. à dr. : Cyrille Dubois, Nicolas Courjal, Hanna Hipp, Joyce DiDonato / © Gregory Massat « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg). Joyce DiDonato / © Pascal Bastien Admirable Stéphane Degout en Chorèbe, rôle sacrifié. Silhouettes admirables de Marianne Crebassa pour Ascagne (un luxe), Philippe Sly pour Panthée (autre luxe). Seule notable déception, l’Anna bizarrement timbrée de Hanna Hipp, en très mauvaise complémentarité vocale avec DiDonato. Mais on mettra tout à fait à part Cyrille Dubois qui peut montrer dans l’air très orné et même très sophistiqué d’Iopas des splendeurs de timbre et de nuances musicales que la scène lui permet rarement de montrer à plein. Juste réparation à un bel artiste, d’étoffe rare. John Nelson connaît son Berlioz, rien ne manque aux moments orchestraux qu’il fait splendides : et le soutien apporté aux chanteurs explique, pour nombre d’entre eux, la qualité de leur performance. Il savait diriger pour un enregistrement : ce qui implique presque qu’il y ait des vannes d’éloquence et de chaleur qu’on ne laisse pas s’ouvrir trop grandes. Aussi le Septuor ouvrait à des horizons infinis de poésie musicale et sonore : mais le duo s’y enchaînant, dans d’autres circonstances, se serait laissé aller à une charge émotionnelle et, pourquoi pas, érotique, d’un autre poids, avec d’autres accélérations. « Les Troyens » de Berlioz (Strasbourg). De g. à dr. : Nicolas Courjal, Cyrille Dubois, Joyce DiDonato, Hanna Hipp, Michael Spyres / © Pascal Bastien Orchestre de bout en bout admirable, par l’étoffe des cordes et la merveille des timbres individuels du côté des bois et vents, si souvent à découvert. Et les harpes. Ah le monument français de toute musique ! Il n’est pas indifférent que les chœurs de Karlsruhe de l’autre côté du Rhin, qui a été la première à avoir le cran de monter Les Troyens sous la direction de Felix Mottl (le même qui mourra plus tard au pupitre de Tristan : quel raccourci d’une vie de musicien), aient été associés à ceux de l’Orchestre et de l’Opéra pour cet essai héroïque, qui fut coup de maître ! Strasbourg, les 15 et 17 avril 2017

Georg Friedrich Haendel
(1685 – 1759)

Georg Friedrich Haendel est un compositeur allemand, naturalisé britannique (23 février 1685 - 14 avril 1759). Haendel personnifie souvent de nos jours l'apogée de la musique baroque aux côtés de Bach. Né et formé en Saxe, installé quelques mois à Hambourg avant un séjour initiatique et itinérant de trois ans en Italie, revenu brièvement à Hanovre avant de s'établir définitivement en Angleterre, il réalisa dans son œuvre une synthèse magistrale des traditions musicales de l'Allemagne, de l'Italie, de la France et de l'Angleterre. Virtuose hors pair à l'orgue et au clavecin, Haendel dut à quelques œuvres très connues (notamment l'oratorio Le Messie, ses concertos pour orgue et concertos grossos, ses suites pour le clavecin, ses musiques de plein air : Water Music et Music for the Royal Fireworks) de conserver une notoriété active pendant tout le XIXe siècle, période d'oubli pour la plupart de ses contemporains. Cependant, pendant plus de trente-cinq ans, il se consacra pour l'essentiel à l'opéra en italien (plus de 40 partitions d'opera), avant d'inventer et promouvoir l'oratorio en anglais dont il est un des maîtres incontestés.



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