Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Georg Friedrich Haendel

lundi 25 juillet 2016


Classiquenews.com - Articles

19 juillet

Les Cyclopes, acteurs du Festival Musique et Mémoire, acte II

Classiquenews.com - Articles Haute-Saône, festival Musique et Mémoire. 20-24 juillet 2016. Les Cyclopes, acteurs du 2ème week end, ou Froberger en majesté… en 1 conférence et 6 concerts événements. Pour son 23ème cru, le festival Musique et Mémoire au Pays des Mille étangs en Haute-Saône, poursuit cette équation captivante de l’exploration baroque au cœur du territoire rural (en l’occurrence les Vôsges Saônoises). Pour les 400 ans du compositeur baroque, mort sur son territoire, le festival dirigé par Fabrice Creux célèbre en 8 programmes inédits, le génie de Johann Jacob Froberger (1616-1667), non sans raison : mort au château d’Héricourt (3 concerts ont lieu dans l’église d’Héricourt), Froberger fut une étoile musicale à l’échelle de l’Europe. Son élève et protectrice, la Princesse Sybille a témoigné de l’art de toucher le clavier d’un Froberger divin poète dont l’enjeu des programmes proposés par Musique et Mémoire en 2016, entend bien restituer la force, la subtilité, la finesse allusive : par son caractère suggestif et introspectif, Froberger fut le Chopin du XVIIè, établissant déjà ce rapport intimiste et presque secret entre l’interprète, son clavier, ses proches auditeurs… Qui fut réellement Froberger ? Quels sont les compositeurs dont il fut proche et dont il transmit l’art spécifique ? Le Festival Musique et Mémoire est le seul en France cet été à célébrer à juste titre le génie de Froberger et évoquer ses passionnantes affinités avec la musique française, le Stylus Fantasticus, Frescobaldi et Mathias Wackmann… Et pour servir ce nouveau cycle exceptionnel, en découvertes et révélations, Fabrice Creux invite un nouvel ensemble sur instruments d’époque, en résidence au Festival, Les Cyclopes. 1 – La vie secrète de Froberger Musicien, diplomate ? La conférence du mercredi 20 juillet met l’accent sur l’itinérance d’un compositeur et interprète du clavier parmi les plus doués de son temps, dont l’activité musicale pourrait avoir été doublée de missions diplomatiques et politiques pour l’Empereur Ferdinand III (qui a financé tous ses déplacements à travers l’Europe). De fait, ses séjours parfois longs depuis Vienne, en France, en Angleterre, en terres germaniques et en Italie, lui apportent les composantes d’un riche substrat esthétique dont il réalise une puissante et originale synthèse. Bibiane La pointe (clavecin) et Thierry Maeder (orgue), directeurs artistiques de l’ensemble Les Cyclopes, associent leurs talents musiciens pour ressusciter la figure de Froberger, dans un lieu même que le compositeur aurait pu connaître et même investir lors de son séjour ultime à Héricourt… Héricourt, église luthérienne, à 21h, réservations conseillées : 03 84 49 33 46. (Illustration : Portrait de l’Empereur Ferdinand III, protecteur de Froberger). 2 – Froberger en tête-à-tête Le jeudi 21 juillet, le duo Coloquintes (violon / viole de gambe) joue plusieurs transcriptions et pièces inédites témoignant de la richesse d’inspiration de Froberger, toutes regroupées dans le manuscrit de la bibliothèque de Wolfenbüttel, le Ludwig Partiturbuch qui collecte les Suites de Danses pour violon et viole de gambe d’un Froberger irrésistiblement inventif et original. Réservations obligatoires. MELISEY, Chœur Roman, 21h. (Ci dessus, portrait de l’Empereur Ferdinand III, protecteur de Froberger dont il aurait été diplomate)… Les 5 autres programmes sont d’autant plus exceptionnels qu’ils sont tous des créations / commandes du festival. 3 – A l’honneur de Madame Sibylle Vendredi 22 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne, 21h Hommage à une mécène et amie… Les cas d’estime sincère et partagé sont finalement assez rares dans l’histoire musicale. A l’instar de Louis XIV et son cher Lully, plus tard de Handel et de la Reine Caroline, Froberger sut cultiver une exceptionnelle relation avec la Princesse Sybille de Wurtemberg (1620-1707), sa cadette et non moins patronne et élève, qu’il rencontre d’abord à Stuttgart puis rejoint à la fin de sa vie en son château d’Héricourt à partir de 1664. La princesse est croyante, douée pour le clavier et certainement compositrice elle-même dans la proximité de Froberger, son mentor et maître. En hommage, le musicien appelait les Trois Grâces de Wurtemberg, Sybille et ses deux sœurs. Dans les secrets d’une compréhension complice, Froberger dédie à Sybille plusieurs pièces pour elle seule. Quand son “cher, fidèle et zélé professeur” meurt à Héricourt en 1667, d’apoplexie, la Princesse Sibylle endeuillée invite tous ses amis de Montbéliard pour célébrer la mémoire de son maître et ami, au cours d’une célébration fastueuse. Les Cyclopes évoquent la relation du musicien et de sa mécène dans un programme inédit, création et commande du festival Musique et Mémoire, comprenant des œuvres de Böddeceker, Monteverdi, Capricornus, et évidemment Froberger dont les instrumentistes jouent “l’Allemande faite à l’honneur de Madame Sybille Duchesse de Wurtemberg”. Réservation conseillée. Répétition publique ouverte à 17h. Concert à 21h. 4 – Froberger à Rome Samedi 23 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne, 15h. Froberger réalise deux séjours à Rome : 1637-1641 puis 1645-1649. Converti au catholicisme, le musicien grâce au soutien de l’Empereur Ferdinand III, rejoint Rome pour apprendre l’art du génie local : Girolamo Frescobaldi (1583-1643), alors à la fin de sa vie. L’élève apprend vite : Froberger maîtrise très vite l’art de la Toccata, le contrepoint à la manière frescobaldienne. Après la mort de Frescobaldi, Froberger prend soin de contribuer à la diffusion de sa musique, modèle du genre. Pendant son second séjour romain, Froberger recueille l’enseignement du jésuite et professeur au Collegium Germanicum, Athanasius Kircher dont le recueil essentiel pour le premier baroque européen, Musurgia universalis (1650) fixe les caractères du stylus fantasticus, manifeste musical dont les préceptes théoriques ont certainement bénéficié aussi des suggestions et recherches de Froberger. En témoigne la Fantasia ut-ré-mi-fa-sol-la, seule oeuvre de Froberger présente dans de Kircher. Le maître de chapelle de Saint-Apollinare à Rome, Carissimi a certainement croisé la route de Froberger dont l’oeuvre recueille une influence manifeste. En témoignent les deux Motets, révélations centrales du programme proposé par Les Cyclopes : Apparuerunt apostolis, et Alleliua absorpta est mors, seules partition de Johann Jacob, non destinées au clavier. Réservation conseillée. 5 – Abendmusiken à Hambourg Samedi 23 juillet 2016 Belfort, Temple saint-Jean, 21h Froberger et Weckmann. Avant les Telemann et CPE Bach, champions hambourgeois du plein XVIIIè piliers de l’activité musicale locale, la ville hanséatique favorise l’inspiration des compositeurs, ainsi Matthias Weckmann (1616-1674), qui fonde à Hambourg le collegium Musicum : le compositeur rencontre son exact contemporain Froberger (ils sont nés tous deux en 1616) à Dresde alors qu’à l’hiver 1649, Froberger était envoyé par Ferdinand III pour remettre une lettre au Prince électeur Georges Ier de Saxe. Virtuoses de clavier, doué pour la composition comme l’improvisation, Weckmann et Froberger ne devait plus interrompre leur relation, dont une abondante correspondance témoigne. Les deux s’influencent mutuellement et se transmettent les ferments d’une puissante et originale synthèse entre contrepoint savant germanique, style français, stylus fantasticus où virtuosité et introspection trouvent un idéal équilibre. Au programme de ce concert alliant l’orgue et les instruments de l’orchestre baroque Les Cyclopes, Sonates de Weckmann et Ferro, Pièces pour le clavier de Weckmann et Froberger (extraits des manuscrits de la Singakademie et Hintze). Rservation conseillée. 6 – Passer la mélancolie Dimanche 24 juillet 2016 Saint-Barthélémy, Eglise, 11h Le concert évoque le séjour de Froberger en Angleterre (1652-1653) autour de la pièce emblématique au titre poétique : “Plainte faite à Londres pour passer la mélancolie”… Sonates et pièces pour le clavier de Locke, Froberger, Gibbons (organiste), Thomas Baltzar (violoniste)… tous musiciens et compositeurs reliés à Oxford, dont Froberger fut proche du milieu musical (en particulier de Mathiew Locke (1621-1677). Aux Anglais, Froberger transmet le goût des français et de Frescobaldi… Réservation conseillée. 7 – 1653, RATISBONNE Dimanche 24 juillet 2016 Fresse, église Sainte-Antide, 17h La Diète d’Empire à Ratisbonne... musiques dynastiques et impériale. Pour le remercier de son indéfectible appui et protection, Froberger dédie en 1656, un recueil de nouvelles partitions à l’Empereur Ferdinand III : y figurent des pièces inspirées directement à ses aventures en Europe, durant ses nombreux déplacements. Froberger voyage sur les chemins et en mer, en Angleterre, pays germaniques, Pays-Bas, France, durant trois années où il vit le pire comme le plus exaltant : en 1653, il rejoint Ratisbonne où la famille impériale est présente pour la Diète d’Empire. Tous les princes influents sont représentés, en grande pompe et en fastueuse représentations musicales. En témoigne le recueil de 114 partitions, édité pour l’occasion et qui regroupe alors les meilleures manières germaniques : le Partiturbuch Ludwig. Au cours de la Diète de Ratisbonne de 1643, Ferdinand III fait ratifier la nomination de son fils comme son successeur (futur Ferdinand IV, Roi des romains) et aussi le couronnement de sa 3ème épouse Eléonore de Gonzague, comme impératrice. Mais le fils désigné, futur Ferdinand IV devait mourir de la variole à 21 ans, en juillet 1654. Le recueil dédié à l’Empereur en 1656 (Libro Quarto) évoque très précisément et de façon codifié, chacun des avatars et des péripéties de la famille impériale dont était proche Froberger. Pour évoquer l’écriture virtuose de Froberger et le goût musical impérial, Les cyclopes jouent les Pièces pour le clavier de Froberger (Libro Quarto, 1656) et plusieurs Sonates de Bertali, Valentini, Schmelzer, toutes déposées dans le fameux Partiturbuch Ludwig de 1653. Réservation conseillée. AGENDA 2ème week end du Festival Musique et Mémoire 2016 — les 20, 21, 22, 23 et 24 juillet 2016 Les Cyclopes 1 conférence – 6 programmes inédits 1- Mercredi 20 juillet 2016, Héricourt, église luthérienne, 21h Conférence : la vie secrète de Froberger 2- Jeudi 21 juillet 2016 Melisey, choeur roman, 21h Froberger en tête à tête Duo Coloquintes, Aparté 3- Vendredi 22 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne A l’honneur de madame Sibylle 4- Samedi 23 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne, 15h Froberger à Rome : Frescobaldi et Kircher 5- Samedi 23 juillet 2016 Belfort, Temple Saint-Jean, 21h Abendmusiken à Hambourg 6- Dimanche 24 juillet 2016 Saint-Barthélémy, église, 11h Plainte faite à Londres pour passer la mélancolie 7- Dimanche 24 juillet 2016 Fresse, église Sainte-Antide, 17h La Diète d’Empire INFOS, RESERVATIONS sur le site du Festival Musique et Mémoire BACH à Musique et Mémoire. Dernier week end : les 29, 30 et 31 juillet 2016, est dédié à Jean-Sébastien Bach. L’ensemble Alia Mens réalise ainsi 4 concerts événements dont le dernier à Lure (Création / commande du Festival, Eglise saint-Martin, 21h), permet d’écouter le Concerto Brandebourgeois IV, BWV 1049 et VI BWV 1051, le concerto pour violon et cordes BWV 1042, In dulci jubilo, Wir danken dir, Herr Jesu Christ… Un nouvel ensemble défenseur de JS Bach confirmera-t-il ainsi pour Musique et Mémoire ses affinités musicales ? Réponses les 29, 30 et 31 juillet prochains.

Le blog de Philopera

21 juillet

Handel: Ariodante ; June Anderson ,Tatiana Troyanos. Carnegie Hall 27/01/1985

Handel: Ariodante Carnegie Hall 27 January 1985 In-house recording Ginevra: June Anderson Dalinda: Erie Mills Ariodante: Tatiana Troyanos Polinesso: James Bowman Lurcanio: Neil Rosenshein King of Scotland: Dmitri Kavrakos Odoardo: Frank Lopardo Orpheon Chorale Orchestra of St. Luke’s Conductor: Raymond Leppard






La lettre du musicien (Comptes rendus)

13 juillet

Il trionfo del tempo e del disinganno de Haendel à Aix-en-Provence

Emmanuelle Haïm et Krzysztof Warlikowski font tous deux leurs débuts au théâtre de l’Archevêché, avec ce premier oratorio de Haendel. Entre véritable accomplissement musical et audacieux détournement de morale, ils offrent une lecture poignante d’une parabole pour le temps présent ardemment incarnée par une distribution à se damner.Dépassant la confrontation entre memento mori et carpe diem, Le Triomphe du Temps et de la Désillusion selon Warlikowski est aussi un acerbe questionnement du manichéisme plombant porté par le livret. «Vanitas vanitatum », assène le moralisateur ? «Omnia vanitas », rétorque le metteur en scène comme pour dire « toi-même ». Plus théâtralement vivante que le sermon allégorique du cardinal Pamphili, c’est ici une affaire familiale intime où le Temps et la Désillusion sont les parents d’une Beauté paumée qui fraie dangereusement avec le Plaisir, ici séducteur junky. Affaire plus vaste et contemporaine d’une jeunesse en proie à l’injonction tyrannique de l’apparence, du regard de l’autre et à l’overdose de paradis artificiels qui ouvre le spectacle. Affaire plus ambiguë aussi car ces parents, intraitables parangons de vertus au blond platine savamment entretenu et à la douteuse familiarité avec la première bimbo venue, semblent avoir quelques heures moins avouables au compteur. Affaire finalement séditieuse, la Beauté désemparée s’en remettant ici directement à Dieu par le suicide plutôt que par l’intercession de ces ministres douteux : fatale et inoubliable épiphanie conclusive quand, hagarde et improbable novice, la Beauté célèbre seule ses noces de sang avec un dieu incertain. Trahison ou réflexion, le débat est ouvert et c’est un des mérites de cette mise en scène de haute volée, soignée dans le détail et d’une profonde humanité. C’est la même humanité vibrante et la même intensité dramatique que font entendre Emmanuelle Haïm et le Concert d’Astrée avec un quatuor de chanteurs en état de grâce et criants de vérité. Au delà de la virtuosité superlative et de l’insolente plénitude de ces quatre voix, il y a la justesse et la richesse de leur interprétation. L’expressivité ciselée et pesée jusque dans les vocalises les plus périlleuses de Sabine Devieilhe, Beauté perdue et sous influence face à la suavité ensorcelante de Franco Fagioli, Plaisir décadent à souhait, à la fois charnel et surnaturel. L’autorité somptueuse de Sara Mingardo (la Désillusion) grâce au modelé infini de son contralto, alliée à l’implacable rayonnement de Michael Spyres, Temps stupéfiant de naturel et de conviction dans les récitatifs. Dans les mains d’Emmanuelle Haïm, l’orchestre rend également très palpable le mouvement de ces âmes, sans raide pudeur, dans l’émotion précise plutôt que la démonstration. Il y a dans cette interprétation une vérité formidable et quelque chose de musicalement très abouti. Heureuse alchimie et réussite de cette production où la musique de Haendel sonne de bout en bout comme l’expression la plus évidente et juste du drame qui se joue sur scène. (9 juillet)

Carnets sur sol

12 juillet

Beaumarchais et Salieri – TARARE, une vision de l'avenir : l'histoire d'un nom et les mutations sous les sept-régimes

ÉPISODE 2 Sept régimes, c'est-à-dire monarchie, monarchie constitutionnelle, Convention, Directoire, Consulat, Empire, Restauration… chacun organisant au moins une reprise de Tarare… en en changeant la fin ! Voici donc la suite de la découverte de l'étrange Tarare. Dans le premier épisode – à la suite duquel cette nouvelle notule vient d'être ajoutée, pour faciliter la lecture –, on s'était attardé sur la doctrine philosophique semée dans l'ouvrage par Beaumarchais. Cette fois-ci, c'est l'origine même du nom du héros, et surtout la réception publique et politique, ainsi que les mutations subséquentes de la pièce, qui vont nous occuper : tout cela tisse, vous le verrez, une relation particulièrement étroite avec les événements politiques du temps. Pour vous permettre de suivre avec plus de facilité, outre le court argument proposé dans la notule d'origine, vous pouvez trouver le texte complet de la version de 1787 sur Google Books , ainsi que deux versions, celle de Malgoire publiée en DVD (chantée en volapük à l'exception de Crook et Lafont, mais jouée de façon « informée ») ou celle, inédite, de Chaslin (par une équipe francophone, mais orchestralement épaisse, plus conforme au Gluck des années 60) – je conseille celle de Malgoire. 4. Avant Tarare Il m'est un peu difficile de distinguer la légende de l'histoire avérée, cela réclamerait plus ample investigation (et excèderait quelque peu mon sujet), mais voici toujours ce qu'on trouve autour des origines de l'opéra de Beaumarchais. Tout débute avec Iphigénie en Aulide dont la création à Paris en 1774 donne le coup d'envoi. Beaumarchais rencontre à cette occasion Gluck, sans se présenter d'abord, et l'on raconte que celui-ci aurait identifié l'auteur à ses opinions claires sur la musique ; ils auraient alors projeté de faire un opéra ensemble. Beaumarchais achève très vite sa version préparatoire en prose de Tarare, mais lorsque le livret est achevé (c'est un mois après la création du Mariage de Figaro, en 1784), Gluck décline très poliment en alléguant son âge – que ce soit par peu d'intérêt pour des paroles en l'air aimablement prononcées deux lustres plus tôt, par peu de conviction envers la matière très particulière que lui soumet Beaumarchais, ou par réelle lassitude, personne ne pourra jamais le déterminer sauf à ce que le chevalier Gluck ait tenu un journal intime pas encore exhumé. Le compositeur propose en revanche de lui envoyer son élève et protégé, Salieri. Beaumarchais le reçoit avec une diligence et une chaleur dont l'intéressé se souvient des années plus tard : logé chez Beaumarchais, et visité chaque jour par son hôte constatant l'avancée des travaux, immanquablement félicité avec chaleur. La correspondance de Beaumarchais montre à ce propos un enthousiasme sincère, manifestement heureux qu'un compositeur s'investisse dans un projet qu'il n'avait pas les moyens de mettre lui-même en musique (malgré sa volonté première, et quelques esquisses musicales envoyées à Salieri pour la « chanson du Nègre » dans la refonte de 1790), reconnaissant le dévouement de Salieri, renonçant à bien des beautés qu'il avait écrites pour rendre les scènes plus denses (obsession de Beaumarchais, on y reviendra). (Maquette de costume de l'équipe de Louis-René Boquet pour la création d'Iphigénie.) 5. L'origine de la fable Beaumarchais, dans une intrigue de sérail à la mode (avec un sultan cruel, une amante captive, un ami de l'intérieur…) a en réalité emprunté le nom de Tarare au conte (assez long) Fleur d'Épine d'Antoine Hamilton. Le héros y est aussi le conseiller (plutôt que le général) d'un Calife, mais le reste de l'intrigue et des caractères sont bien différents : Tarare y est bien plus osé et adroit, et il y est question de vie à la Cour, de princesse et de sorcière… Néanmoins, Beaumarchais n'en tire pas que la phonétique à la fois exotique, simple et sonore : à chaque fois qu'est désigné Tarare, la mention fait entrer le sultan Atar, homme féroce et sans frein (dit le programme d'époque), en fureur ; et souvent, comme chez Hamilton, le nom de Tarare se répète comme en écho. Ce n'est plus dans une accumulation comique de dialogues : L'une des premières apparitions de Tarare chez Hamilton : Autre exemple d'écho : … chez Beaumarchais au contraire, l'apparition du nom de Tarare, très fréquente, surtout dans la bouche du sultan furieux, est toujours chargée d'éclat dramatique – elle est même à deux reprises l'origine de coups de théâtre ! D'abord au temple, à l'acte II : le Grand Prêtre Arthenée avait prévu de faire promouvoir son fils Altamort chef de l'armée, mais le garçon du temple, choisi pour sa simplicité, fait un étrange lapsus, repris par les cris d'enthousiasme du peuple et de la garde.(Difficile de réentendre ce nom sans avoir ces chants à l'oreille, par la suite…) [[]] Nicolas Rivenq, Deutsche Händel Solisten, Jean-Claude Malgoire, Schwetzingen 1988. Puis, à l'acte III, les couplets où Calpigi raconte sa triste vie sur un mode plaisant, afin de réjouir la Cour du Sultan et célébrer la noce forcée au sérail d'Astasie, bien-aimée de Tarare : le seul mot interrompt la fête en précipitant le souverain comblé dans une fureur meurtrière (manquant d'occire ses serviteurs au hasard dans une scène subséquente). Et, à nouveau, le nom passe sur toutes les lèvres. [[]] Successivement Eberhard Lorenz, Zehava Gal, Jean-Philippe Lafont, Anna Caleb, Deutsche Händel Solisten, Jean-Claude Malgoire, Schwetzingen 1988. Une belle réexploitation théâtrale du principe, donc. Au demeurant, « tarare » est un véritable mot, qui dispose de plusieurs significations : il n'y a pas de relation avec la ville du Rhône, près de Lyon d'un côté, de Montbrison de l'autre (où ni Beaumarchais ni Salieri n'ont jamais dû mettre les pieds), ni (malgré l'hypothèse d'Hélène Himelfarb, séduisante mais pas vraiment concordante avec les écrits de Beaumarchais lui-même sur la question) avec la machine agricole (une vanneuse, alors novatrice, on en trouve des planches dans l'Encyclopédie). En revanche, le sens qui ne devait pas manquer de frapper les oreilles, surtout dans ce contexte répétitif, est celui de l'interjection tarare, un équivalent de tralala – aussi bien pour les refrains des chansons que pour signifier « mais bien sûr, cause toujours ». Les auteurs des huit parodies de l'ouvrage ne s'y sont pas tompés, renommant le héros Gare-Gare, Fanfare, Bernique, et plus proche encore, Turelure ou Lanlaire. Remplacez Tarare par Taratata ou Lanlaire dans les extraits précédents et observez l'effet. (Cliquez sur la carte pour l'afficher.) Ce résultat n'était pas dû à une imprudence de Beaumarchais : il explique en effet dans sa correspondance qu'il souhaitait voir s'il pouvait mener le public à estimer ce nom qui n'était rien (ce qui cadre au demeurant parfaitement avec le propos philosophique de la pièce) ; il revendique aussi d'avoir voulu « égayer le ton souvent un peu sombre que l'intérêt m'a forcé d'employer » par l'apparition et la répétition de ce nom un peu dérisoire. Cela lui fut bien sûr reproché lors des premières représentations : non seulement le sujet (il est vrai qu'il tient un peu du vaudeville-au-sérail), mais aussi le nom du héros, assez peu dignes de l'Académie Royale de Musique – où l'on jouait les œuvres sérieuses, héritières des tragédies en musique de LULLY, continuant généralement à reprendre les sujets mythologiques. 6. Quel accueil pour Tarare en 1787 ? Je reviendrai plus tard sur la musique, mais elle a généralement été considérée à l'époque (à grand tort) comme assez plate, trop peu mélodique, sans doute parce que son geste de composition continue a paru assez exotique en un temps où l'ariette était toute-puissante, et où la critique ne jurait que par Gluck (avec un parti pris assez outré qui ne laisse pas d'étonner vu les similitudes, voire les qualités supérieures de ses collègues en exercice à paris). Sans surprise, on a particulièrement goûté les couplets de Calpigi « Je suis né natif de Ferrare » (fondé sur un simple balancement en 6/8 ; tout à fait strophique, avec un refrain en sus à l'intérieur de chaque couplet – l'une des pages les plus simples de l'opéra). L'accueil réservé au livret est autrement intéressant. On a beaucoup moqué ses vers mal faits ou assez impossibles, et il est vrai que la syntaxe est quelquefois bien trop longue pour le débit parlé, et encore plus chanté : Mais pour moi, qu'est une parcelle, / À travers ces foules d'humains, / Que je répands à pleines mains, / Sur cette terre, pour y naître, / Briller un instant, disparaître, / Laissant à des hommes nouveaux, / Pressés comme eux, dans la carrière, / De main en main, les courts flambeaux / De leur existence éphémère. Par ailleurs, on le voit bien, en plus de ces mots trop éloignés les uns des autres, le caractère abstrait du propos rend difficile de suivre si on manque un mot. Quinault avait très bien théorisé (et réalisé) le fait qu'utiliser un vocabulaire limité et des expressions figées permettait au public de suivre même en passant à côté d'une syllabe ou de quelques mots… Ici, même en ayant tous les mots, il faut convoquer une sérieuse dose de concentration pour suivre – à la lecture, ce n'est pas bien compliqué, mais au rythme distendu imposé par la présence de musique, même avec une diction parfaite, et même en ayant déjà lu le texte, c'est un véritable défi ! Les contemporains ont aussi été assez dubitatifs sur l'ambition totalisante de ce drame (intrigue héroïque très sérieuse, mais mêlées de beaucoup de pitreries, de scènes de quiproquos, et littéralement bardé, sur ses extrémités, de philosophie). Ainsi la Nature devisant avec le Génie du feu des causes des rangs humains et des caractères, de la naissance et du mérite individuel, en jouant avec des Ombres indistinctes figurant les futurs protagonistes du drame. Même les passages censément mélodiques se répandent en références aux théories scientifiques existantes : Froids humains, non encore vivants ; / Atomes perdus dans l'espace : / Que chacun de vos éléments, / Se rapproche et prenne sa place / Suivant l'ordre, la pesanteur, / Et toutes les lois immuables / Que l'Éternel dispensateur / Impose aux êtres vos semblables. / Humains, non encore existants, / À mes yeux paraissez vivants. C'est la figure traditionnelle de l'invocation des Ombres ou des Enfers, un classique depuis Lully (même si sensiblement moins en vogue dans ce dernier quart du XVIIIe siècle), mais dans une forme qui ne cherche plus l'effet sur le spectateur, et vise plutôt une sorte de pédagogie – on pourrait quasiment parler de vulgarisation. On a donc, comme pour Scribe, tiens donc, particulièrement admiré le sens dramaturgique de Beaumarchais, avec ses grands coups de théâtre, sa tension permanente, et le débat n'a pas vraiment insisté sur la portée politique de ce tyran déchu, remplacé par un monarque sans naissance élu pour ses vertus, ni sur la moralité faisant l'éloge du caractère contre le rang. Tarare produit en tout cas une très substantielle recette, et Grimm note même l'intérêt extraordinaire du public dans sa Correspondance : Les spectateurs, que l'on voit se renouveler à chaque représentation de cet opéra, l'écoutent avec un silence et une sorte d'étourdissement dont il n'y a jamais eu d'autre exemple à aucun théâtre. Les rapports du temps attestent que le concours était tel que l'on avait prévenu qu'il était indispensable d'avoir déjà réservé, qu'on ne laisserait pas entrer les habituels titulaires de faveurs et d'exemptions, et qu'une garde de 400 hommes avait été dépêchée pour contenir la foule qui se pressait pour essayer d'entrer le jour de la création. Les lettrés ont pu se moquer de certains aspects, mais Tarare fut un succès public assez considérable. On trouve d'ailleurs quantité d'arrangements de l'Ouverture, d'airs vocaux (les plus légers, notamment Ainsi qu'une abeille et bien sûr Je suis né natif de Ferrare) ou d'airs de danses pour des exécutions domestiques (violon-piano, violon-alto, etc.), des parodies (7 dans l'année 1787, alors que la création n'avait eu lieu qu'en août !), et même un ouvrage de critique artistique du Salon de peinture de 1787, consistant en un dialogue entre Tarare (l'ingénu qui apprécie les qualités) et Calpigi (l'esthète italien informé et exigeant). Le second volume de cette œuvre anonyme, reproduit ci-contre, débute même avec plusieurs références directes au contenu de l'opéra, notamment les origines géographiques des deux personnages et le Ahi povero ! tiré du refrain de l'histoire de Calpigi à l'acte III. Plusieurs sources déclarent que Beaumarchais avait retiré l'œuvre de l'affiche dès novembre, en raison d'une certaine incurie des acteurs au fil des représentations, mais on trouve trace de 33 représentations pour cette première série, qui s'étend jusqu'en 1788… Je ne peux pas me prononcer, en l'état, sur les raisons de l'interruption des représentations. Plus encore que le contexte de la création, l'histoire des reprises est assez fascinante, et très contre-intuitive : 7. Quatre reprises pour Tarare, sous quatre nouveaux régimes politiques : ¶ En 1790, ère de monarchie constitutionnelle, Beaumarchais étoffe le final de l'ouvrage (renommé Tarare ou le Despotisme – le titre complet étant à l'origine Tarare ou le roi d'Ormus) en faisant régner le nouveau souverain par le Livre de la loi qu'on lui remet, et les ordres de l'État se mêlent dans une ronde en chantant sa louange, lui recommandant de veiller à l'équité. On y trouve aussi de nombreux reflets des prises de position du temps : — Tarare libère les brahmines et les bonzes de leurs vœux, car les vrais citoyens, ce sont les époux et les pères. (Autrement dit, il recommande aux moines de se mettre à fricoter – écho au mariage des prêtres.) — Il permet le divorce à Spinette et Calpigi (castrat devenu eunuque), le tout assorti de danses comiques mimant la séparation de couples. — Il accorde sa protection aux nègres (il reste une ambiguïté sur leur affranchissement…). L'image que se fait Beaumarchais de ces peuples se lit dans le projet d'ariette qu'il envoie à Salieri en 1790 (en lui fournissant un projet de mélodie tiré de sa transcription d'un air traditionnel) : (exemple précoce du style proto-banania) Par ailleurs, Salieri a pour l'occasion totalement récrit l'Ouverture. Dans cette version de 1790, Beaumarchais continue sa pédagogie en lançant quantité de maximes dans son final, adapté à la politique du temps : « La liberté n'est pas d'abuser de ses droits », « La liberté consiste à n'obéir qu'aux lois », « Licence, abus de liberté, / Sont les sources du crime et de la pauvreté », en mettant en scène une foule désordonnée que les soldats font doucement reculer. Étrangement, ce n'est pas Ignorez-vous, soldats usurpant le pouvoir / Que le respect des rois est le premier devoir ? qui attire les réserves de Sylvain Bailly, maire de Paris, mais Nous avons le meilleur des rois / Jurons de mourir sous ses lois, qu'il demande à Beaumarchais « de changer et d'adoucir » afin de permettre la reprise. La pièce est jouée régulièrement jusqu'à la chute de la monarchie constitutionnelle en 1792, dans une atmosphère houleuse (indépendamment du très grand succès public, que les démonstrations politiques ne doivent pas occulter), chaque parti s'élevant pour ou contre chacun de ces tableaux (dans un beau tapage lors des premières représentations, tradition qui ne date pas d'hier) : le loyalisme de Tarare, la monarchie constitutionnelle, le mariage des prêtres, le divorce, la semi-émancipation des esclaves (hardie pour les uns, timide pour les autres), la restriction des libertés pour la paix civile… en convoquant les grands sujets du temps, Beaumarchais fait de son opéra un lieu de débat. Mais c'est à dessein : il a semble-t-il dépêché des huissiers à plusieurs reprises pour contraindre les acteurs à conserver le texte écrit. ¶ En 1795, la Convention souhaite reprendre la pièce (dont les décors et costumes ont coûté fort cher), avec les aménagements nécessaires à la nouvelle situation politique. Beaumarchais, alors en exil, s'y oppose, mais on se doute bien que ses désirs étaient peu de chose en la circonstance. En cherchant un peu plus de précisions, j'ai pu trouver un acte qui atteste des négociations : Mme Beaumarchais obtient des officiels de la Convention finissante un acte (reproduit ci-dessous, je le trouve assez éclairant) dans lequels ceux-ci s'engagent à ne pas retenir contre son mari les répliques qui pourraient être considérées comme offensantes, et à prendre sur eux la responsabilité des réactions au texte de l'opéra. Par ailleurs (et ceci paraît contradictoire), ils affirment le principe que l'auteur pourra demander les changements de son choix, et même rétablir le Prologue (il est vrai pas du tout gênant, sa philosophie compromettant surtout la monarchie héréditaire). Pourtant, il n'a pas été joué alors que Beaumarchais y tenait beaucoup ; je suppose (sans fondement particulier, dois-je préciser) que Beaumarchais n'a pas voulu s'attirer davantage d'ennuis alors que d'autres acceptaient de prendre les risques. Par ailleurs, son épouse lui avait quelques mots rassérénant sur la cause de cet abandon : « ce prologue est d'une philosophie trop supérieure aux facultés des individus composant maintenant l'auditoire , [...] le sublime est en pure perte » ; peut-être s'est-il rendu à cette conclusion. (Cliquez sur les deux premières vignettes pour les voir en pleine page.) C'est son ami Nicolas-Étienne Framery, auteur de livrets de comédies à ariettes puis d'opéras comiques (notamment avec Sacchini, et même pour son sérieux Renaud), traducteur d'opéras italiens (dont les airs du Barbier de Séville de Paisiello) et du Tasse, surintendant de la musique du comte d'Artois, fondateur d'une société d'auteurs et compositeurs dramatiques chargée du (difficile) recouvrement des droit, auteur d'un Avis aux poètes lyriques, ou De la nécessité du rythme et de la césure dans les hymnes ou odes destinés à la musique, aussi l'un des rares commentateurs du temps à s'occuper précisément du contenu musical et pas seulement de sa description littéraire, qui opère les nombreux amendements au livret. Évidemment, une fois que le sultan s'est donné la mort, Tarare ne peut accepter l'hommage de son peuple : « Le trône ! amis, qu'osez-vous dire ? / Quand pour votre bonheur la tyrannie expire, / Vous voudriez encore un roi ! » et à la demande d'Urson « Et quel autre sur nous pourrait régner ? », de répondre « La loi ! ». C'est là que se produit l'inversion étonnante : Tarare, mettant ouvertement en cause la monarchie héréditaire, remplacée par l'acclamation d'un homme sans titres nommé Taratata Koztužur (la signification du mot « tarare »), n'avait pas produit de scandale politique en 1787 – on s'est moqué de sa philosophie et surtout de ses vers, mais on ne s'est guère récrié (semble-t-il : je n'ai pas lu tout ce qui a été produit, ce serait un travail à temps plein, un peu excessif dans le cadre d'une notule) contre ses opinions sur le meilleur gouvernement des hommes. En 1795, le public réagit vivement aux vers du cinquième acte, chantés par un Citoyen : Sur le tyran portons notre vengeance, Du long abus de la puissance Tout le peuple à la fin est las. … en l'appliquant à la Convention ! C'est-à-dire que tout l'appareil de propagande anti-monarchique était systématiquement utilisé, par le public, contre le pouvoir actuel (et déclinant), qui venait de promulguer la Constitution de l'an III – dans laquelle était prévue la réélection forcée des deux tiers des membres de la Convention. Alors que le pouvoir voulait renforcer sa propagande en faisant tonner l'opéra contre les rois, il offre au public l'allégorie de son propre régime – à travers l'image de la royauté, un comble. Pourtant, en 1787, la censure le lisait avec attention, et Beaumarchais sortait d'un de ses nombreux procès… mais le scandale ne s'est pas allumé où l'on aurait cru. C'est l'une des choses les plus intriguantes à propos de Tarare : les royautés et l'Empire se sont assez bien accommodés de son propos sédicieux, dont fut surtout victime, paradoxalement, la Convention. ¶ En 1802, sous le Consulat, l'ouvrage est repris avec les modifications politiques afférentes (c'est après la mort de Beaumarchais), puis en 1819 sous Louis XVIII, où, comprimé en trois actes et tout à fait amputé de ses composantes philosophiques, Tarare reprenait sa place d'opéra sans conséquence – son héros se prosternant à la fin devant le tyran repenti, qui lui rend son commandement militaire et sa femme. La bonne fortune de Tarare se poursuit, sans que j'aie connaissance des adaptations exactes, avec des reprises en 1824, 1825, 1826, également à Londres (1825) et Hambourg (1841), longévité tout à fait exceptionnelle pour un ouvrage des années 1780, et par-dessus quel nombre de bouleversements politiques ! Même si Beaumarchais en fut la première victime, il ne faut pas croire qu'il n'ait pas cherché à tirer parti de ces fluctuations du pouvoir ; en 1789, briguant le poste de représentation de la commune, il souligne dans un mémoire que Tarare avait préparé, et même hâté la Révolution : Ô citoyens, souvenez-vous du temps où vos penseurs, inquiétés, forcés de voiler leurs idées, s'enveloppaient d'allégories, et labouraient péniblement le champ de la révolution ! Après quelques autres essais, je jetai dans la terre, à mes risques et périls, ce germe d'un chêne civique au sol brûlé de l'Opéra. L'influence de Tarare se mesure, outre à son affluence initiale et à ses nombreuses reprises, au généreux amoncellement de parodies, dès les premiers mois : créé à l'été 1787, l'opéra dispose de pas mois de 7 parodies à la fin de l'année : Bernique ou le Tyran comique, Lanlaire ou le Chaos, Fanfare ou le Garde-Chasse, Colin-Maillard, Bagarre, Ponpon, Turelure ou le Chaos perpéturel – on peut voir les références diversement précises au projet de Beaumarchais. S'ajoute Gare-Gare pour la reprise de 1790. 7. Le projet de Beaumarchais Dans les prochains épisodes, on reviendra sur les motivations de Beaumarchais, les idéaux à l'œuvre, les conditions d'élaboration. Puis il sera temps d'approcher de plus près la musique et son projet étonnamment wagnérisant. Avec un peu de patience.

Georg Friedrich Haendel
(1685 – 1759)

Georg Friedrich Haendel est un compositeur allemand, naturalisé britannique (23 février 1685 - 14 avril 1759). Haendel personnifie souvent de nos jours l'apogée de la musique baroque aux côtés de Bach. Né et formé en Saxe, installé quelques mois à Hambourg avant un séjour initiatique et itinérant de trois ans en Italie, revenu brièvement à Hanovre avant de s'établir définitivement en Angleterre, il réalisa dans son œuvre une synthèse magistrale des traditions musicales de l'Allemagne, de l'Italie, de la France et de l'Angleterre. Virtuose hors pair à l'orgue et au clavecin, Haendel dut à quelques œuvres très connues (notamment l'oratorio Le Messie, ses concertos pour orgue et concertos grossos, ses suites pour le clavecin, ses musiques de plein air : Water Music et Music for the Royal Fireworks) de conserver une notoriété active pendant tout le XIXe siècle, période d'oubli pour la plupart de ses contemporains. Cependant, pendant plus de trente-cinq ans, il se consacra pour l'essentiel à l'opéra en italien (plus de 40 partitions d'opera), avant d'inventer et promouvoir l'oratorio en anglais dont il est un des maîtres incontestés.



[+] Toute l'actualité (Georg Friedrich Haendel)
21 juil.
Le blog de Philopera
19 juil.
Classiquenews.com...
15 juil.
Fomalhaut
14 juil.
Les bons plans de...
13 juil.
La lettre du musi...
12 juil.
Carnets sur sol
11 juil.
Classiquenews.com...
10 juil.
Classiquenews.com...
9 juil.
Le blog d'Olivier...
8 juil.
Classiquenews.com...
7 juil.
Classiquenews.com...
6 juil.
Classiquenews.com...
6 juil.
La lettre du musi...
6 juil.
La lettre du musi...
5 juil.
Classiquenews.com...
5 juil.
Classiquenews.com...
4 juil.
Classiquenews.com...
4 juil.
Classiquenews.com...
4 juil.
Resmusica.com
3 juil.
Classiquenews.com...

Georg Friedrich Haendel




Haendel sur le net...

Handel by Nicholas McGegan

 Interview [EN]

 

Handel by Nicholas McGegan



Georg Friedrich Haendel »

Grands compositeurs de musique classique

Messes Water Music Sarabande Suite Pour Clavecin Opera Oratorios

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...